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 Le pop à travers

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Mérope&Ézéchiel
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Date d'inscription : 10/11/2010

MessageSujet: Le pop à travers   Mar 14 Mai - 21:01








Quelques brises de ferveur


Nom : Zéphyr.
Titre : Vent salvateur.
Profession : Ex-moine.
Âge : Vingt-deux ans.
Camp : Consulat.
Monde d'Origine : Palais des Rêves.
Race : Humain.
Grade désiré : Capitaine ?


Un vent de changement

« Chère Alizé... »

J’ai l’impression de ne plus savoir écrire son nom. Tout cela me parait infiniment lointain. Notre relation, nos premières lettres, nos dernières… Loin, si loin que j’en oublie l’ultime fois où nous avons correspondu.
Et elle, sait-elle encore que j’existe, ou le temps lui a apporté l’oubli ? J’espère qu’elle se souvient toujours de mes mots. Je l’espère tant. Ce serait triste, après tout : toutes ces années tombées à l’eau pour une histoire qui m’a filé entre les doigts.

« J’espère que tu te portes bien. »

Je dois l’avouer… Depuis quatre ans, elle est ma seule inquiétude. J’ai toujours eu peur de ne jamais recevoir sa réponse, toujours eu peur d’apprendre qu’elle est mal. Et je me rends compte que je ne suis qu'hypocrite... Que je n'ai pas été capable de lui envoyer quelques mots en deux mois, de lui dire que tout se passait bien, que...
Mais ce n’est pas de ma faute, non… Pas cette fois-ci. Je n’avais pas pu prévoir un tel événement. Personne n’aurait pu prévoir un tel assaut, de tels massacres.

Aurait-on pu éviter tant de morts ? Je ne crois pas… Nous n’avons jamais appris à nous défendre, les moines et moi. Nous abhorrions la guerre, le sang, les armes, prônant le pacifisme et la conciliation en toutes circonstances. Mais les sans-cœurs n’écoutent pas, n’ont aucune pitié. Car il faut un cœur pour en avoir.

« Je suis désolé d’avoir été aussi silencieux durant ces deux mois, mais je peux t’expliquer. »

Elle pensera que je mens, que son nom m’a échappé, que nos souvenirs ont été oubliés, que je ne l’aime plus… C’est une absurdité : bien sûr que je l’aime. Je l’aime au-delà même de mes convictions, de la foi. Je l’aime au point de succomber à la tentation, de transgresser les lois monastiques, de me perdre dans les plaisirs charnels.
Si la vie est une incertitude, c’est bien la seule chose dont je suis certain. Qu’elle ne doute jamais de ma confiance et de ma loyauté… Et où aurais-je bien pu trouver une autre femme à sa hauteur ?

« Et je t’expliquerai le tout, si tu le veux bien, face-à-face, les yeux dans les yeux. »

Son visage me manque. Ses regards aussi. Sa façon de tortiller l’extrémité de ses cheveux quand elle est exténuée, sa façon de regarder le ciel avant de laisser tomber une larme, sa façon de soupirer après chaque quinte de rires; … toutes ses façons me manquent.
Et ce n’est pas la seule chose qui me rend nostalgique. Nos longues veillées amoureuses, loin du regard perplexe de Dieu, loin de tout, loin de tous. Ses cheveux qui se mêlent aux miens, créant des torrents de bleus et de noirs, nos corps qui fusionnent… Sans mon scapulaire, ce vêtement qui me confondait parmi mes frères, je deviens quelqu’un d’autre. Bien près d'elle, je suis différent.

Et c’est ce quelqu’un d’autre qui me manque par-dessus tout. Cette fougue que je n’ai pas habituellement, ce courage qui me fait traverser vents et marrés, regards jugeurs et même l’excommunication pour cette dame qui me fait rêvasser, même en plein cœur du jour. Je suis à mon affaire, toujours, je suis obéissant, toujours, mais elle… Elle me fait perdre mes moyens, mes principes. Elle me déroute, mais de la façon la plus agréable possible.
Je devrais lui dire tout cela, parcourir des lands et des terres pour la rejoindre au château, dans celui qu’elle nomme Palais des rêves, mais je ne peux pas… J’ai peur de la décevoir, de la voir indifférente face à mon retour.

J’ai peur de tant de choses.

« Car oui, je suis maintenant libre… »

Je n’aime pas la façon dont j’ai introduit ma fuite du monastère, mais l’encre s’est déjà incrustée dans le parchemin, et je ne peux maintenant rien y faire. Ce n’est pas ma liberté que j’ai recouverte par cette offensive des ténèbres, mais bien l’autonomie. Je suis toujours dépendant de Lui, mais je peux le faire à l’extérieur du cloître, partout où je veux.
Mais ce n’est point parce que je suis libre que je me laisserai tenter par tout… J’ai encore la ferveur en moi, une ferveur qui égalise presque celle que j’ai pour Alizé. On ne m’a pas extirpé de cette maison de Dieu pour que je devienne comme tous ces êtres ignobles qui volent, qui tuent, qui se divertissent sans cesse sans se soucier des autres… J’ai une mission providentielle à perpétuer, des histoires à prêcher.

Parce que oui, si la destinée m’a renvoyé de ce monastère, ce n’est qu’un message qu’elle me lance.

« Je dois t’avouer que je repartirai bientôt. J’irai fouler des terres périlleuses, j’irai me battre contre les plus viles créatures, contre les plus grands vices. »

Car ma foi s’est dispersée, après onze de vie monastiques, je dois l’alimenter. Depuis qu’on m’a extirpé de mes prières, de la quiétude du cloître, je me sens… plus enthousiaste que jamais. Je suis enivré par la paix, enchanté par toutes les actions que je pourrai poser, par l’espoir que je pourrai redonner aux gens, aux sourires qui traverseront mon chemin, à la félicité qui sera propagée un peu partout grâce à moi ! Je…
Je ne sais pas. J’espère que je ne me trompe pas. J’espère que ma véritable mission, c’est bien celle-là. Celle de porter les épées et de présenter les poings pour annihiler le mal, les forces sataniques qui barrent le chemin vers la paix. Je ne suis pas le plus grand combattant, je ne suis pas l’être le plus résistant, mais ce plastron que je porte, cette lame que je tiens, ils Lui appartiennent. Ils me protégeront, toujours et jamais.

Toujours et jamais… Je lutterai, la tête haute, les épaules droites, la voix forte, la démarche grandiose. Je lutterai parce que c’est ainsi.

« J'ai trop vu. J'ai trop vu et je regrette d'avoir été aveugle. »

C'est une bien étrange sensation que d'être confronté à une vérité que l'on croyait irréelle, impensable. C'est une bien étrange sensation que de voir que plus rien n'est comme avant. Au-delà des portes du monastère, j'ai pu entrevoir un monde si vaste, si grand, mais si perturbé. J'ai marché des heures et des jours sur des terres tourmentantes et tourmentées. J'ai vu des résistants incendier une demeure en hurlant à l’injustice, j'ai vu des créatures avides déambuler à l'orée des bois, s'agrippant à des innocents et leur arrachant le cœur de vifs coups de griffes; des inégalités, des tristesses, des colères, des incompréhensions...
J'ai vu tant de choses, tant de choses choses que mes yeux furent accablés d'apercevoir.

Au moment où je pose cette réflexion, quelques vains souvenirs remontent à mon esprit, lorsque la candeur et la naïveté n'avaient pas encore été dévastées par les âges. C'était un temps où la paix existait encore, où on avait l'impression que la sérénité allait s'éterniser tranquillement, où on priait Dieu non pas pour l'implorer, mais pour le remercier de sa clémence et de sa quiétude insidieuse.
Je suis devenu moine pour cette seule et unique raison : rendre hommage, louanger Sa grandeur. Et j'ai été bercé dans le calme du monastère si longtemps, en ne rendant guère compte de ce qu'on complotait, de ce qu'on meurtrissait et de ce qu'on pleurait un peu plus loin. Je n'ai pas été aveuglé - non, je tiens à rectifier cette ligne -, mais seulement restreint dans une pensée collective, obnubilée par la paix qui envahissait le cloître. Peut-être que cette invasion ténébreuse marqua le fond d'un bien pour un terrible mal ?

« Et ce sont des artistes d’un groupe qu’on appelle le Consulat qui m'ont ouvert les yeux, qui m'ont accueilli. »

Ils ont été là quand je ne voyais plus d’espoir. Ils m’ont accueilli, ils m’ont logé, ils m’ont offert une seconde chance. Ils m’ont octroyé des vêtements – une interminable cape blanche, une tunique bleue, des bottes argentées plus appropriées pour les longues expéditions et des épaulières aciérées me délestant d’un lourd fardeau de prudence – sans que je n'aie esquissé la moindre demande. Ils m’ont enseigné ce que je ne savais plus, intégré dans une existence que je ne daignais plus effleurer.
Ils sont mes frères, tous comme ceux qui priaient avec moi. Ils sont mes frères, ceux que je n'ai plus jamais revus.

« Ils sont d’une gentillesse incroyable, Alizé, je leur en suis extrêmement reconnaissant. »

Mais ils ne se battent pas pour les mêmes raisons que moi. Ils affrontent les dangers aux noms des Muses et, moi, j’affronte les miens à Son seul nom.
Et même si leurs missions ne correspondent pas toujours à ce pourquoi je sacrifierai mon âme propre, elles me permettent de me dépasser, d’apprendre, … Elles me permettent de me souvenir que je suis toujours en vie, que ce miracle qui m’a rattrapé de justesse du purgatoire doit être payé de ma sueur, de mes efforts, de mes souffrances.

Mes nouveaux frères ne me retiennent que pour ma maîtrise de l’orgue. Rien d’autres. Ils ne connaissent pas mes ambitions, ils ne savent rien de moi… Le Consulat sera bientôt un souvenir du passé – un souvenir inoubliable, peuplé d’êtres nobles –, mais pour l’instant, je ne suis que la lueur de ce que j'aspire à être. Je ne suis pas prêt, ni apte à affronter tout ce que le Malin mettra sur ma route, je ne suis pas prêt à me jeter dans la gueule du loup… Ces sans-cœurs, ces similis impitoyables et ces créatures des ténèbres sont encore trop puissants…

Heureusement qu’il y a elle, elle qui occupe une place de choix au sein même de mon cœur. Elle est gravée quelque part, sous ma peau; elle coule dans mes veines, elle est en moi. Elle m’ensorcèle de son absence matérielle, mais de son omniprésence spirituelle.
Elle est le cor de bataille qui illumine encore l’azure de mon regard.

« Mais j’aimerais te revoir, avant de partir… J’aimerais pouvoir être avec toi. »

Avant de partir, de l’abandonner une fois de plus sans savoir si j’aurai un autre lendemain pour la ressentir près de moi. J’aimerais tant pouvoir lui dire que les cieux m’assisteront et me protégeront de tous les dangers, mais ce serait déplorablement utopique de penser ainsi. Je ne peux la laisser dans l’insouciance et dans la candeur de ses beaux jours; elle doit savoir que le risque est grand.
Non… Je ne suis pas pessimiste, je tente simplement d’éviter les faux espoirs, les fausses espérances. Car Dieu sait que les chutes sont brutales quand on a trop attendu…

« J’aimerais tant pouvoir frôler de nouveau cette passion que nous avions autrefois… »

La nostalgie s’empare de mes doigts, de mes mains, de mes bras. Je tremble de tout mon corps. J’ai l’impression que je vais chuter, en même temps que le soleil tombe. Le crépuscule sera là bientôt, et je passerai une autre nuit dans la solitude. Sans les moines. Sans mes frères. Sans mes amis. Esseulé, avec moi, moi-même et Lui, quelque part au-delà de tout.

Et je ne sais pas comment conclure cette missive, de quelle façon mettre le point final pour ne pas la brusquer. Lui dis-je que je l’aime, qu’elle me manque, que je ne l’oublie pas ? J’hésite, comme toujours. Je suis indécis, comme toujours. Je suis perdu… pour la première fois.
Perdu, qui plus est, dans un monde inexploré, perdu avec des hommes et des femmes qui m’apparaissent inconnus.

« D’ici notre prochaine rencontre… Je t’en prie, prends soin de toi. »

Que Dieu protège son âme pour l’éternité.

« À bientôt. »

Je signe mon nom de la même main tremblotante, les pensées tourmentées. De par cette salutation, j’ai le sentiment de capituler et de laisser tomber notre histoire, de l’abandonner derrière moi. C’est cette même ondée d’émotions qui s’éprend de moi à chaque fois, mais cette fois-ci, je suis effarouché. Effarouché de ne jamais avoir sa réponse, d’avoir été oublié par le temps, remplacé…

Je prends quelques secondes pour relire les quelques proses que j’ai écrites… C’est bref, trop court, mais c’est tout le parchemin que j’ai, tout le temps qu’il me reste avant de devoir sombrer dans un profond sommeil pour être capable d’affronter les intempéries de demain.
Et ma calligraphie n’est plus comme avant. Elle est triste, affligée, et même altérée par la peur. Mes lettres ne sont jamais fermées, mes phrases ne suivent plus de lignes droites, mais des vagues variant selon les humeurs… On dirait que ma calligraphie s'ennuie aussi, qu'elle fluctue de ma morosité, car elle n'est plus aussi belle qu’elle l’a été.
Cela fait si longtemps que j'ai écrit, que je lui ai écrit...Tout cela me parait infiniment loin. Cela fait bien une éternité que je ne l’ai pas vue, elle, que je ne l’ai pas lue.

Je regarde une dernière fois le papier, empli d’encre et maculé de tâches maladroites, avant de le rouler, d’apposer le sceau du Consulat pour enfin le déposer sur le coin de mon écritoire. Demain, dès l’aube, je la porterai chez les messagers de la Shinra, ces gens qui franchissent des océans stellaires jour après jour afin de porter de simples missives d’individus simples comme moi…

Je me relève lentement et m’assieds sur les rebords de la fenêtre. Il fait déjà nuit, et les jardins radieux sont engouffrés dans les ténèbres. Demain matin, ils le seront toujours, mais ils nous apparaîtront invisibles. Quitter le monastère m’a fait comprendre que rien n’effleure la perfection, que tous les maux abondent tous les horizons en permanence et que mon salut est encore bien loin.
Mais je ne me battrai pas pour mon salut. Je me battrai pour celui des autres, celui d'Alizé. Je lutterai au nom de la Paix, au nom de cette colombe brodée sur ma tunique, emblème qui me rappellera toujours mes premiers objectifs. Je me battrai... pour l'utopie dont on rêve tous.

Je ne reste pas sur place et je m’agenouille sur le chevet de mon lit. J’enfonce mon visage dans le creux de mes mains, demeurant dans le plus absolu de tous les silences.
Serai-je celui qui purifiera l’univers de ses vices ? Serai-je celui qui illuminera tous les cœurs obscurs ? À vrai dire, je ne pourrais même pas dire si mes actions seront utiles, ou si le moindre de mes gestes sera futile…

Je n’en sais rien… Et si ma dévotion n’était que du vent ?


Bourrasques de questions

1) Votre personnage est-il capable d’aimer, d’avoir une relation ? Envers Alizé, notamment. S'il se subordonne à toutes les lois monastiques qui régissent ses attitudes - et ce, même hors du cloître -, il fait une seule exception pour l'amour et le péché de la chair.
2) Si l’esprit de votre personnage s’incarnait en un animal mythologique ou chimérique ou réel (nuances acceptées). Que serait-il ? Une colombe, propageant la paix.
3) Qu’en est-il de la fidélité et de l’esprit de camaraderie de votre personnage ? Sa fidélité et sa loyauté sont proportionnelles à la confiance qu'il a envers certains individus.
4) En vue de votre race, quand pouvez-vous dire que votre personnage a forgé une amitié. Citez quelques unes de vos relations amicales. Les moines, entre autres. Probablement quelques consuls, mais sans plus.
5) Quelle est la devise de votre personnage ? S'il y en a plusieurs, donnez les toutes. « Tout n'est que du vent.»

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