Partagez | 
 

 La neige qui fond..

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Mérope&Ézéchiel
<34

avatar

Messages : 235
Date d'inscription : 10/11/2010

MessageSujet: La neige qui fond..   Mar 22 Mai - 9:04

    Dieu que le soleil était pesant et désagréable ce jour-là. Dieu qu'il détestait tout particulièrement les canicules. Et dieu que, même à l'ombre, il était nettement impossible d'endurer l'insidieuse chaleur qui venait lester sur ses épaules. Mais bon dieu...

    « Qu'est-ce que je fais ici, moi? »

    Il n'était arrivé dans le désert que depuis quelques minutes et, pourtant, il se sentait déjà fondre et épuisé. Il n'était pas accoutumé à des températures aussi élevées, à une humidité aussi bouleversante et à un soleil aussi incommode. Il rêvait déjà d'un oasis glacé, ou encore d'un amas de neige dans lequel il pourrait tranquillement se morfondre. Mais il n'y avait rien de cela à l'horizon... Sa gourde était déjà presque vide, et ses réserves d'énergie s'exténuaient à vue d’œil. Il aurait certes pu tenter de générer mystiquement un peu d'eau, ou encore de créer une tempête hivernale inégalable, mais ce climat le déconcertait, l'empêchait de se concentrer. Il avait envie de mourir, de se laisser nonchalamment sombrer.

    À cet instant précis, il regrettait même d'être un héros, parce que tout le monde sait que les héros ne meurent jamais.

    Ainsi, le visage las et teinté d'un désespoir presque suicidaire, il atteignit finalement la cité d'Agrabah et y entra, sans triomphe. Il se mit à parcourir au hasard le dédale citadin en espérant déboucher sur une boutique, mais ne vit que de vieilles demeures délabrées. Il perpétua néanmoins ses recherches jusqu'à atteindre une grande place, semi-pavée semi-sablée, où avaient été dressés plusieurs stands. Partout, les passants se bousculaient pour acheter les premiers morceaux de pain et les premiers fruits frais. En deux temps trois mouvements, les étaux avaient été presque tous dévalisés.

    Snow, sans trop savoir où il allait, s'avança vers un commerce au hasard et déboursa quelques crédits pour un peu d'eau, qu'il but presque entièrement aussitôt. Répétant l'opération, il continua sa lente et déplorable course vers... Vers où déjà?


    « Bon, je suppose que les ruines sont par là... »

    Un vaisseau de la Shinra s'étant écrasé sur les dunes ardentes d'Agrabah, le grand manitou de la Shinra l'avait envoyé sur le terrain afin de récupérer ce qui devait être récupéré : des objets de valeur, la boîte noire du véhicule et une énumération exhaustive d'items auxquels Rufus semblait tenir comme à la prunelle de ses yeux. Snow, même s'il se considérait larbin dans le cadre de cette ordre de mission, n'avait ni réfuté, ni même décliné l'exigence de son maître : après tout, même les héros doivent parfois être réduits à l'esclavage... Ou pas du tout.

    Ainsi, se remémorant les indications relativement nébuleuses qu'on lui avait données à la dernière minute, Snow abandonna la cité du désert derrière lui et s'avança vers un horizon encore plus brûlant. Promptement, les effets bénéfiques de l'eau précédemment bue avec vigueur se dissipèrent pour laisser place au malaise d'antan. Mais heureusement, il avait prévu le coup et, d'un geste curieusement vif, il empoigna l'une des bouteilles qui bouillonnaient dans la plus grande poche de son manteau et en avala le contenu en moins de deux. Alors qu'il sentait soudainement revivre, il regretta déjà de ne pas avoir rationné ses réserves qui, mine de rien, s'estompaient à vue d’œil.

    Comme si une malédiction s'acharnait sur Snow et voulait l'empêcher de bien accomplir sa labeur, des alizés hostiles vinrent souffler sur sa chevelure, faisant virevolter ses mèches dorées dans les airs. Par malheur, il ne s'agissait pas d'une bourrasque fraîche et agréable comme celles qui font valser notre manteau à l'exorde du printemps, mais plutôt une brise cruellement chaude qui augurait quelque chose d'encore pire : une tempête du désert. Mais dans son innocence et dans sa non-culture de la nature, Snow n'appréhendait rien, mais il ressentait bien la pression et l'humidité qui le désorientaient de plus en plus. Croyant au vertu de l'eau, il en prit une énième gorgée afin de désaltérer les terres arides de sa gorge.

    Puis le vent devint fougueux, soulevant dans l'éther des masses sablonneuses de plus en plus importantes. Puis Snow devint à son tour fougueux, comprenant enfin les motifs de ce changement de température drastique. Il eut envie de courir, de trouver un abri ou de se creuser un trou dans la terre et d'y vivre jusqu'à la fin des temps, mais il n'en eut pas la force, et resta bien droit, à affronter la tempête qui s'annonçait toute sauf placide et flegmatique. Il se réconfortait en se disant, intérieurement, qu'un authentique héros affronte toujours la tempête la tête haute et avec vaillance. Ouais...


    « Salaud, c'est toi qui les as tués?, s'interrogea hardiment une voix dont la source s'égarait au travers la brume du désert. J'vais te botter le derrière; tu vas rien voir venir! »

    Ouais... Par réflexes, Snow s'arma de ses poings, mais il ne savait même pas dans quelle direction il devait parer l'éventuel assaut. Il tourna sur lui-même plusieurs secondes -exactement comme le cyclone désertique qui se dessinait un peu plus loin dans l'erg-, ou jusqu'à ce qu'il soit bestialement assailli par une masse humaine. En temps normal, il aurait résisté au choc avec une presque insolence, mais les conditions actuelles ont fait en sorte qu'il chute lourdement contre le sol, s'enfonçant dans le sable des dunes. Mais fort heureusement, la douleur ne persista pas. Il se releva et tenta de percer brouillard ambre qui servait d'alarme pour les intrépides voyageurs. Il discerna, un peu plus loin, le corps d'un jeune homme qui, le regard embrasé par la colère, épiait lui aussi ses alentours.

    Arrêté par sa conscience, Snow ne put pas rétorquer physiquement à cette attaque. Décidément, un malentendu devait planer dans ce désert. Il essaya donc de mettre les choses au clair, à défaut de pouvoir faire la même chose avec sa vision. De sa voix brisée par la déshydratation et par l'incompréhension compréhensible, il articula :


    « Sauf ton respect, p'tit bonhomme, tu te trompes de personnes. Je viens tout juste-- »

    Son interlocuteur toussota tumultueusement de façon à interrompre le discours. De façon aléatoire, celui-ci parcourut les quelques mètres qui le séparaient de Snow, et le toisa impétueusement jusqu'à contempler la moindre imperfection de son visage -processus qui, considérant l'idéalisme apparent du physique du Blizzard épique, ne s'éternisa pas.

    « Et ce sang sur ton visage, et sur ton manteau, tu l'expliques comment? »

    « Quel sang? se questionna Snow dans un ton qui laissait transparaître son désagrément et son exaspération. Celui que tu as fait couler en chargeant sur moi sans raison? Désolé jeune homme, mais j'ai autre chose à faire. Et tu devrais partir, la tempête de sable qui s'en vient va être impitoyable... »

    L'Errant rugit avant de ressasser ses fausses accusations et ses preuves qui ne prouvaient tout :

    « Tu mens! Je te ferais payer pour ça, saligaud! »

    Snow soupira, soupir qui témoigna de la lasse nonchalance qui fleurissait graduellement dans son âme. Mais alors qu'il croyait pouvoir fuir au travers l'opaque brouillard, le jeune homme chargea pour la seconde fois, mais cette fois-ci, Snow put user de ses réflexes affutés pour esquiver l'offensive. L'évitement fut exécuté avec une telle lenteur qu'on aurait cru assister à une scène de film tragique en décéléré, mais malgré tout, elle fut effective. Le ninja en devenir, voyant qu'il avait raté sa cible, fit un demi-tour spontané sur lui-même et fonça, encore et encore. Afin de contrecarrer cet assaut, Snow décida de demeurer sur place, bien droit, les pieds fixés dans le sable embrasé d'Agrabah. Lorsque le garçon contacta l'architecture massive du Général Villiers, il fut lui-même projeté dans les airs, s'égarant aussitôt dans le brouillard. Snow ne put même pas entrevoir le chute, mais les jérémiades périlleusement prononcées confirmèrent ses doutes.

    Ce dernier, voulant en terminer le plus prestement possible avec ce nuisible, engloutit les ultimes gouttes de la dernière bouteille d'eau et chemina vivement vers son opposant. Alors qu'il était sur le point de lui asséner un coup de grâce assez puissant pour le faire somnoler pendant quelques heures, karaté-kid se releva, sauta sur Snow et empoigna bestialement sa tête. Ses pieds pendouillant dans le bas du dos du Blizzard épique, le garçon se servit de sa position pour affaiblir son adversaire au maximum. Ainsi tambourina-t-il tout le corps de Snow de plusieurs douzaines de coups en si peu de temps. Même si les impacts étaient loin de faire preuve de vigueur et de brutalité, le fait qu'ils se succédaient rendaient la tolérance beaucoup plus incommode. Mais Snow ne se laissa pas faire bien longtemps, et engendra un ouragan centralisé qui obligea littéralement le ninja à faire une vaste céleste qui se termina brutalement.

    Au moment-même de l'impact, le jeune homme laissa s'échapper des complaintes pitoyables qui transmettaient toute la douleur qui calcinait ses entrailles. Le Général, décidément dévasté par l'asthénie et la chaleur, s'approcha une fois de plus de son rival d'infortune. Il prit quelques secondes pour observer l'ampleur de ses gestes : le visage de l'adolescent était ensanglanté, et l'intégralité de sa dépouille était maculée de son propre liquide carmin. Il avait l'air d'un mort-vivant, tentant vainement de s'accrocher à l'existence. Mais lorsque Snow voulut le déposer sur son dos, celui-ci essaya encore d'ergoter physiquement pour recouvrer sa liberté. N'y voyant là qu'une seule solution, le Blizzard épique frappa avec une violence chancelante le visage du garçon. Celui-ci sombra dans les bras de Morphée presque instantanément.


    « Je suis désolé, bonhomme... Quand on partira d'Agrabah, on te soignera. »

    Snow approcha son oreille du visage du corps inerte du karaté-kid afin de prendre en considération son état. Son cœur battait toujours -lentement, mais quand même- et sa respiration pourtant saccadée prouvait qu'il était toujours en vie. Ses blessures paraissaient pour la plupart superficielles : le nez cassé, quelques ecchymoses un peu partout, mais on ne pouvait considérer qu'il était heurté grièvement. Mais ce qui était le plus horrible, c'était de pouvoir contempler le sang qui jaillissait des pores de sa peau, recouvrant effroyablement le sable. Snow eut un soupir de répulsion et de culpabilité en distinguant les dégâts.

    Et alors qu'il relevait la tête pour constater le développement de la tempête de sable, il vit un véritable mur de poussière s'avancer dangereusement des ennemis de choc. Instinctivement, Snow bondit contre le sol et y resta. La muraille de la tempête vint happer les deux quidams, emportant avec elle un véritable amas de sable carmin, souillé par le sang écarlate de l'Errant.

    Alors que l'ouragan de la toundra sablonneuse ravageaient les plaines cuisantes, Snow se laissa à son tour engouffrer par la fatigue, se perdant dans un sommeil des plus profonds. Lorsqu'il rouvrit les yeux quelques heures plus tard, la température était curieusement fraîche, comme si des bourrasques nordiques étaient venues frigorifier Agrabah. Ainsi se releva-t-il adagio, dans une forme exemplaire. Il dessina quelques cercles dans le sable du désert de façon à se dégourdir les jambes, et il stoppa net lorsqu'il vit le cadavre inanimé de l'adolescent qu'il avait affronté quelques temps auparavant. Automatiquement, il plongea et considéra les signes vitaux... Mais il n'en entendit aucun. Il réessaya, mais rien. Néant infernal... Vide absolu... Non-être sonore...


    « Merde, tu peux pas mourir, murmura Snow d'une voix mélancoliquement décontenancée. Allez, réveille-toi... T'es encore si jeune, t'as plein de trucs à vivre encore. Tu ne peux pas... »

    Dieu sait pourquoi, mais à cet instant précis, une singulière larme s'échappa de l'iris du Général, larme qui déferla avec grâce jusqu'à atteindre la joue du garçon. La goutte se mit à glisser sur la peau, nettoyant presque magiquement le sang qui avait séché. Snow se laissa tomber sur le sol, releva la tête de l'adolescent et chagrina :

    « Tu ne méritais pas ce sort... Tu auras des funérailles dignes de ce que tu défendais. »

    Dieu que le soleil était pesant et désagréable ce jour-là. Dieu qu'il détestait tout particulièrement les canicules. Et dieu que, même à l'ombre, il était nettement impossible d'endurer l'insidieuse chaleur qui venait lester sur ses épaules. Mais bon dieu...

    « Qu'est-ce que je fais maintenant? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://epicdisney.forumactif.com
 
La neige qui fond..
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [RESOLU] Batterie fond comme neige au soleil
» Aide chevaux noir sur la neige
» [Batterie] => elle fond comme neige au soleil !! et vous ?
» NEIGE QUI TOMBE EN ARRIERE PLAN
» Votre fond d'écran du moment

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: THIS IS A NEW START :: Les Histoires Enneigées-
Sauter vers: