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 Tout l'or qu'est Renart

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Mérope&Ézéchiel
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MessageSujet: Tout l'or qu'est Renart   Sam 5 Jan - 11:27



Un Renart en costume






Nom : Sir Renart Auguste (son père était un Lamartine, mais ça manquait de classe!).
Titre : Certains disent maître, d'autres seigneur, mais il préfère Le Propriétaire.
Âge : Quelque part en plein cœur de la trentaine, autour de trente-trois ans.
Camp : Déloyal membre de la Shinra en attendant un vent de fortune.
Monde d'Origine : Forêt de Sherwood, mais il dit aussi qu'il est citoyen du monde.
Race : À l'image de Sherwood, il est un renard anthropomorphique un peu dandy.
Grade désiré : Entre bleusaille et maréchal (... à toi de décider!).
Le museau et la ruse
Veille de l'an 1 après Renart-Christ

« Par la rousseur des renards! Dieu, viens ici. » En trombe, un homme arborant une barbe grise démesurée entre en scène. D'un œil perplexe, mais sans méchanceté aucune, il regarde son pauvre disciple qui, désespéré, tombe à genoux. « Qu'as-tu fais encore? » Le disciple ne répond pas et baisse le regard. Dieu doit répéter son verbe divin une seconde fois avant de voir apparaître réaction sur le visage de son interlocuteur. « Dieu... J'ai échappé une étagère complète de fioles dans la marmite de la Création. » Il se tait un moment et pointe du doigt l'ampleur de ses dégâts. « J'étais en train de créer le prochain nouveau-né, et boum! Sans explications, l'étagère est tombée - m'a presque tué au passage, soit dit en passant - et toutes les fioles ont glissé jusque dans la marmite. » Dieu devient soudainement rouge de colère, à un tel point que l'eau de la marmite commence à bouillir furieusement. « Disciple! Tu sais très bien que la Création est irréversible. Mais rassure-moi, dis-moi que les fioles qui sont tombées dans la marmite sont insignifiantes! » Le disciple baisse encore un peu plus les yeux. Il espère ne pas avoir honte encore une fois, car ses yeux ne peuvent descendre plus bas cette fois-ci. « Maître... » Dieu hausse le ton. « Disciple, parle! » Un silence emplit les lieux jusqu'à ce que le misérable disciple réussisse à prononcer quelques mots. « Oh, Dieu... Seules les fioles de l'intelligence suprême, de la prestance éternelle, de la magnificence corporelle, de l'agilité surhumaine, de la prospérité incessante et de la gloire sempiternelle sont tombées dans la marmite. » Dieu est fâché. Le disciple est humilié par sa propre balourdise.

Et c'est ainsi que fut créé Renart, le grandiose Renart.

En tout cas, c'est ce qu'il s'évertue à faire croire aux gens. Serait-il un peu mythomane sur les bords ou, mieux, mégalomane? Non, non et absolument pas! Selon lui, il n'est en aucun cas narcissique et il ne se considère jamais comme un prédicateur de mensonges. Il préfère dire qu'il porte une attention toute particulière à sa personne, car l’Homme est une œuvre que l'on devrait mettre davantage sur un piédestal. Quant à sa manie de balancer des affabulations d'un côté et de l'autre, il l'attribue au fait que les ignorants qui peuplent le monde comprennent beaucoup mieux lorsqu'on utilise des paraboles et de grandes fables pour expliquer la vie. Évidemment, tout cela est un mensonge d'une absurdité incroyable.

Toute sa vie est un mensonge. Ses propos sont toujours nuancés de cette contrevérité qui fait de lui un homme tout sauf respectable. On peut néanmoins dire qu'il tient toujours ses promesses, mais uniquement lorsqu'elles lui permettent de renflouer ses coffres ou d'amplifier son influence déjà étendue à travers toute la galaxie. [...] Il est donc assez risqué de faire confiance à cette homme-renard qui considère les promesses comme des moyens efficaces pour manipuler les plus frêles esprits. Toutefois, ce n'est pas un être foncièrement méchant; il a de bonnes intentions après tout.

Je rigole. Ses actions ne sont jamais basées sur de bonnes intentions.

Ce qui nous amène à parler de son amour pour sa fortune (et amour est un terme plutôt faible). En fait, il est littéralement passionné par les pièces d'or et les joyaux qui traînent au fond de ses salles du trésor (parce que oui, il en possède plusieurs). Toute son existence est fondée sur l'accumulation de richesses et d'exploits glorieux. Il est avare, cupide, usurier, thésauriseur, grippe-sou, radin, pleure-misère... Mais, au moins, il est beau. Quoi? L'apparence physique ne compense pas pour les vices d'un être? Ah.

Pour lui, pourtant, l'apparence est une vertu (oui) à cultiver. En public, il ne peut se permettre de ne pas être impeccablement parfait. Ses vêtements doivent être toujours propres et luxueux pour bien montrer son statut social. Il porte donc en permanence des costumes qui valent chacun des fortunes : un veston toujours noir, jamais ligné, jamais maculé; un nœud papillon ou une cravate selon ses humeurs (souvent un nœud papillon pour montrer à quel point il est avant-gardiste, ce qu'il n'est pas); une chemise aussi blanche que la neige blanche des montagnes blanches de la Terre des Dragons; des souliers cirés avec minutie par des esclaves qu'il aime nommer « fées » et le même haut-de-forme qu'il aime comme son propre fils - enfant qu'il n'a pas. On ne peut donc pas le cacher : il a beau être un être ignoble, mais on ne peut rien dire sur l'idéalisme de ses accoutrements, sinon que son désir de perfection vestimentaire est devenu maladif.

Mais on ne peut lui en vouloir, car après tout, son plus grand souhait est de ne pas décevoir les gens. Je rigole! Allons, ne soyons pas stupides. Personne ne lui importe, personne ne peut le convaincre de faire quoi que ce soit. Même toi, tu n'as aucune autorité sur lui. Oui, même si tu fais les beaux yeux... Oh, peut-être que si tu lui donnes quelques munnies, tu pourrais avoir un semblant de domination sur lui, mais ce sera temporaire, car ton existence n'est qu'une vulgaire futilité à ses yeux. Et il est à noter que s'il a déjà travaillé pour Rufus Shinra, c'est parce qu'il avait accès à des ressources économiques tonitruantes. Il faisait mine d'obéir à la moindre des exigences de Rufus en attendant de prendre bestialement sa place... Ahem! En espérant que ledit directeur concerné ne consulte pas ces quelques lignes.

Et même si Rufus envoyait des tueurs à gages pour mettre fin à ses jours, Renart ne tremblerait même pas! Enfin, c'est ce qu'il se dit pour se rassurer. En fait, s'il y a bien une chose qui l'effraie dans la vie, c'est le moment où elle s'arrête. Attention! Il n'a pas peur de la mort parce qu'elle est douloureuse, atroce et pénible, mais bien parce qu'elle le séparerait de sa très chère et tendre fortune. Trépassé, il se retrouve pauvre et il devient une âme miséreuse qui ne peut rien faire d'autre qu'errer. Comment on évite cela? En se défendant, évidemment! À défaut d'être spécialement fort - contrairement aux dires populaires et aux vieux mythes qui disent qu'il a détruit une famille de dragons en utilisant des aiguilles à tricoter -, il est très agile et rapide (et manie même un révolver pour faire genre!). En fait, il est même un peu lâche. Il évite les coups, frappe un peu n'importe comment avec sa canne de bois en espérant faire effet. Et en général, ça fait effet!

Jeune lecteur, je te mets au défi de répondre à cette question : existe-t-il quelque chose qui fait plus effet qu'un renard au pelage roux et soyeux qui se bat avec prestesse? Allons! Si on oublie la magnificence de la commandante Primus qui lutte un soir de pleine lune dans la broussaille de la forêt de Sherwood pendant un carnaval d'été contre des chevaliers-squelettes, qu'y a-t-il mieux?

Bonne question! Même qu'il y réfléchirait en te regardant d'un œil hautain et fort arrogant qui dit : « Dis donc, bonhomme, t'es inférieur ». Pour éviter l'interrogation - car oui, ça lui arrive assez souvent -, il dégainerait son humour plat en vociférant une série d'insultes aussi absurdes que risibles. Il te dévisagerait ensuite, essayant de trouver tes points faibles. Quand il en aurait eu assez d'admirer « l'immondice que tu es », il lèverait le menton encore un peu plus haut et te tournerait le dos avant de partir vers d'autres lieux. Et là, en le regardant s'estomper sous les lueurs orangées du soleil couchant, tu te dirais : « Bon dieu, quelle démarche insolente! » Tu partirais à ton tour et tu retournerais dans ton chez-soi, dans lequel tu te contemplerais avec répulsion devant le miroir en pestant contre la vie qui ne t'a pas offert la sublime queue rousse et blanche de Renart. Tu sombrerais dans une singulière dépression dans laquelle tu mettrais finalement fin à tes jours en te pendant par-dessus une magnifique roseraie.

Comment ça je vais trop loin? C'est bon, c'est bon, je me calme.

Que dis-je? Renart ne se calme jamais, lui! Il est vif du matin au soir. Certaines langues de vipère disent même qu'il est si paranoïaque qu'il ne dort pas, mais en fait, il ne dort « pas longtemps, mais vite ». Cette fameuse particularité lui permet d'être productif pendant de plus longues périodes de temps et ainsi de pouvoir mettre sa grande intelligence en pratique. Avec Renart, l'expression « être doux comme un agneau » prend tout son sens... Euh, non, navré! Avec lui, l'expression « être rusé comme un renard » prend tout son sens! En effet, même s'il est fortement égoïste, il possède des capacités cérébrale assez surprenantes qu'il utilise à mauvais escient pour s'enrichir. Que de l'astuce et de la stratégie derrière ce regard ambre et ce petit museau mutin!

Ce petit museau mutin qui a du flair, malgré tout. Renart est un être sournois, sans-cœur, égocentrique, orgueilleux et insensible, mais c'est un grand visionnaire. Il voit très loin, souvent trop loin, et est toujours stimulé par mille et une ambitions. Un projet d'un côté, un projet de l'autre. Il finira par mourir d'épuisement, le pauvre. Ce jour-là, toutes les populations vivront en paix pendant l'espace d'un instant pour rendre hommage à ce glorieux personnage. On se souviendra de lui jusqu'à la fin des temps, et même après! Certains, plus fanatiques, prêcheront pour sa grandeur. On le priera, on l'adulera, on se mettra à genoux pour faire l'éloge de ses talents. On le divinisera et tous sans exception seront d'accord pour dire qu'il fut le plus grand homme que cet univers ait porté!

Et Renart mourra triste, parce qu'au fond, jamais ne fut-il heureux.

La fortune et la gloire
Avant de détailler l'histoire très peu rocambolesque de notre cher personnage à museau, détaillons avant ce qui n'est s'est passé et ce qu'il n'a pas vécu. Parce que Renart a une fâcheuse tendance à falsifier la réalité pour lui donner un aspect mystique, il faut que vous soyez tous à l'affût des mensonges qui pourraient circuler entre deux vérités (quand il y a de la vérité, bien sûr!).

Renart n'est pas né dans la pauvreté et n'a pas franchi de dures étapes pour devenir aussi riche et prospère qu'il l'est aujourd'hui. Non, en fait, il naquit dans une des familles les plus fortunées de toute la galaxie. Son père était un propriétaire redoutable et redouté dans la forêt de Sherwood. Il possédait plus ou moins la moitié des terres des environs et sa plus grande passion était donc de récolter les taxes et d'augmenter les impôts. Il se forgea une véritable fortune en faisant varier le loyer et en manipulant les pauvres paysans qui ne vivaient pas dans la misère, mais qui peinaient parfois à joindre les deux bouts. Pendant les dernières années de sa vie, il décida d'élargir son contrôle économique en achetant quelques terres ici et là à travers différents mondes. Il fit même affaire avec la Shinra, mais ne parvint jamais à réaliser ses ambitions.

Son père ne fut pas assassiné par une révolte de paysans en colère, il ne fut pas démembré et on ne retrouva pas des morceaux de lui un peu partout à Sherwood. Sa mort fut beaucoup plus tragique que ça! En se rendant au sommet des montagnes éternelles, une avalanche l'engloutit, mais il survécut. Il fut néanmoins trop las pour trouver de l'aide et se laissa périr dans la neige, dans le froid, dans la peur. Son père n'a donc rien d'un héros de grande renommée qui s'est battu pour survivre. Quand il mourut, Renart devint un pauvre orphelin, sa mère ayant elle aussi mis les voiles vers un monde meilleur quelques jours après la mise au monde de son fils.

Renart ne suivit pas son père partout où il allait pour apprendre les rudiments du travail ardu. Pas du tout, même. Il demeura chez lui durant une grande partie de son enfance. On vint lui faire l'école à la maison et il ne rencontra presque personne (sinon qu'une dizaine de majordomes). Il était seul, mais son père - toujours absent et préoccupé par ses obligations - compensait cette triste solitude en lui offrant une myriade de jouets et d'objets inutiles. Il vécut donc dans un paradis artificiel jusqu'à l'âge de dix ans, en étant artificiellement heureux et en se divertissant de la façon la plus artificielle qui soit.

Renart ne fugua pas à l'âge de dix ans pour entamer une nouvelle existence et pour fouler des terres inconnues. Il ne le fit pas non plus armé seulement de son audace et d'un couteau de chasse qui ne coupait point (avec lequel il n'a pas dépecé le dernier mammouth dans la Jungle profonde). Il fut plutôt transféré à des nourrices un peu partout à travers les mondes. N'ayant plus tellement le temps et la motivation pour s'occuper de lui, son père décida de se décharger de ce lest. Pendant quelques années, le renardeau fut trimballé d'un côté et de l'autre et il perdit tout ses repères, toutes ses habitudes, toutes ses routines. À défaut de lui avoir permis de forger des relations stables avec les autres, il a au moins pu connaître l'univers qu'il allait, quelques années plus tard, littéralement dominer (bon, ce projet n'est pas encore à terme, mais espérons toujours!).

Pendant sa jeune adolescence, il ne fut pas interpellé par le mysticisme de la Keyblade et, par la suite, il ne refusa pas d'en être le porteur. Il ne raconte que cette histoire pour montrer qu'il est élu et que même la puissance des cieux est donc de son côté. Il ne suivit pas non plus un entraînement ardu par un maître du kung-fu en Terre des dragons, même qu'il n'a jamais appris à se battre.

À la mort de son père, il ne traversa pas vents et marées pour retrouver le trésor maudit de la famille sur une île perdue envahie par une tribu d'indigènes cannibales! Il ne se rendit pas au chevet du lit de mort pour lui faire ses adieux. Il attendit simplement qu'un des majordomes de la famille vienne lui porter la clef du coffre-fort. Il hérita de toute la fortune et devint de plus en plus prospère, de plus en plus matérialiste et de moins et en moins authentique.

Renart ne laissa jamais tomber des amis pour des questions économiques!

...

Ah oui... Il l'a fait. Plusieurs fois.

Il ne fut jamais séquestré pendant huit mois par des assaillants qui voulaient obtenir rançon. Il ne s'évada pas non plus en invoquant l'esprit de Valefore et en épargnant la vie de ses agresseurs. Durant sa montée au paradis (et quand je dis paradis, c'est une façon de parler, car tout le monde sait pertinemment que l'argent fait le plaisir, mais pas le bonheur!), il ne connut presque aucun encombre et aucun obstacle. Le moment le plus difficile qu'il vécut au cours de sa vie fut un rapt qui dura trente minutes durant lesquelles lesdits trois criminels entrèrent en conflit et s'entretuèrent.

Son cœur ne fut pas non plus sauvagement brisé par une sirène de Port-Royal qui était muette. En fait, la plus grandiose peine d'amour qu'il traversa mettait en vedette un haut-de-forme auquel il tenait beaucoup...

Au contraire de ses dires, Renart n'a jamais entretenu des relations privilégiées avec Rufus Shinra, la divinité du transport suprême et de la magnificence. Tout ce qu'ils entretenaient ensemble, c'était une relation économique qui battait de l'aile. Renart débarquait souvent sur le vaisseau-mère en proposant la fusion de leurs entreprises, mais à chaque fois Rufus refusait catégoriquement en précisant que ce genre de projet était voué à l'échec et que la Shinra en souffrirait.

Renart ne se servit pas de sa fortune pour sauver les jeunes orphelins de la Cité des rêves, et loin de là. Au cours de sa vie, il ne fut jamais très charitable ni généreux. Il garda toutes ses ressources pour lui, et pour lui seul. Le geste le plus bienveillant et indulgent qu'on le vit faire au cours de sa vie, c'était de réduire les taxes de 0,01% (peut-être moins) pendant quelques jours (peut-être moins). On le monta sur un piédestal pendant quelques temps, mais sa célèbre charité fut vite traînée à la boue.

Il ne fut jamais mécène! Renart détestait et déteste toujours toutes les formes d'art, sauf s'il en est le modèle! Il ne se rendit pas non plus dans le Jardin Radieux dans lequel il n'encouragea pas de jeunes artistes à propager à tous leur passion et leur amour pour la peinture, la sculpture, le chant, la poésie et la danse. Et même s'il est parfois difficile de le croire, il ne fonda pas non plus le Consulat... En fait, Renart a toujours éprouvé une haine profonde envers ce groupuscule qui permettait à tous d'avoir un peu du monopole sur la vente d'objets d'arts et de chefs-d’œuvre. Il ne fonda aucune entreprise, aucun groupe et aucune association de toute sa vie, sinon le fan-club de sa propre personne.

Toutefois, le plus important de tous les mensonges n'a pas encore été énoncé. Renart, malgré tout ce qu'il pourra dire, n'est actuellement pas l'homme le plus riche de toute la galaxie (ce sournois narrateur vous ment depuis le début!). Personne ne le sait encore et personne n'est au courant de sa triste décadence, mais vint un jour il décida d'investir des sommes faramineuses dans la conception de réseau de transport par téléportation. Le projet connut des difficultés financières très ardues et Renart continua tout de même d'investir, d'ajouter de l'argent et de déposer des munnies pour que tout fonctionne. Le réseau ne vit jamais le jour et le pauvre renard se retrouva en faillite. Aujourd'hui, il ne possède presque plus rien, sinon que son vieil habit de luxe, sa vieille canne, un de ses vieux majordome qu'il paie du mieux qu'il peut, sa vieille arrogance et ses vieilles amertumes. Et s'il travaille pour la Shinra, ce n'est pas aux côtés de Rufus et encore moins dans l'objectif de le détrôner : c'est uniquement pour survivre.

Renart n'a plus d'or, l'or n'aime plus Renart.

La question et la compréhension
1) Votre personnage est-il capable d’aimer, d’avoir une relation ? Aimer? Si ton nom de famille c'est Dollar et que t'es une pièce d'or, peut-être. Sinon, il n'a pas le temps d'aimer.
2) Si l’esprit de votre personnage s’incarnait en un animal mythologique ou chimérique ou réel (nuances acceptées). Que serait-il ? Un rat, pour sa fâcheuse manie de tout accumuler et de faire des provisions pour une fin du monde imminente.
3) Qu’en est-il de la fidélité et de l’esprit de camaraderie de votre personnage ? Nulle, ou presque, sauf peut-être pour les quelques uns de ses partenaires économiques.
4) En vue de votre race, quand pouvez-vous dire que votre personnage a forgé une amitié. Citez quelques unes de vos relations amicales. Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, dans la nuit éternelle emportés sans retour, ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges, jeter l'ancre un seul jour?
5) Quelle est la devise de votre personnage ? S'il y en a plusieurs, donnez les toutes. Le temps, c'est de (je vous laisse terminer).
6) Vis à vis de votre façon d'écrire, quels sont vos points forts et points faibles? J'ai déjà parlé de mes points forts, mais j'ai oublié le point faible le plus important... La kryptonite.
7) Pourquoi incarner ce personnage ? J'avais besoin d'un personnage un peu excentrique et j'ai tout de suite eu un coup de foudre en cherchant des images. C'est un peu le Reaver de Fable 3, version canine (question de bien amplifier l'originalité du personnage). Mais malgré tout, Renart a un fond émotif, un fond "j'ai raté ma vie" et un fond "personne ne m'aime" qui peuvent être exploités pour approfondir le personnage et son évolution.



Dernière édition par Mérope&Ézéchiel le Ven 11 Jan - 11:35, édité 14 fois
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Mérope&Ézéchiel
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Lun 7 Jan - 18:48



    Un Renart à nœud pap'






    Grade acquis : Capitaine (90 points, 80 compétences dont 12 hors-statistiques).
    Force : 25 Défense : 5
    Magie : 0 Psychisme : 0
    Vitesse : 20 Dextérité : 40
    Symbiose : 0Compétences ci-dessous
    Compétences naturelles
    Compétences liées à son animalité
  1. Science de l'Olfaction : Passif. Nécessite un odorat développé. Permet de pouvoir sentir les odeurs aux alentours de vous. Si vous connaissez l'odeur d'un ennemi, vous pourrez ainsi l'éviter.
  2. Science de l'Audition : Passif. Nécessite une ouïe développée. Permet de pouvoir entendre tout ce qui se passe autour de vous, et même plus loin.
  3. Nyctalopie : Passif. Nécessite une très bonne explication. Permet d'être plus sensible à la lumière qu'une personne normale. Grâce à cet capacité, il est aisé de voir aussi bien de jour que de nuit. À noter que dans le noir complet, il est impossible de voir.

  4. Compétences physiques
    Compétences de rang 1
  5. Coup Simple : Actif. Frappe de base, permet à l’utilisateur de porter un coup à l’aide de son arme habituelle à une vitesse normale. For : 1
  6. Coup Rapide : Actif. Frappe de base, permet à l’utilisateur de porter un coup à l’aide de son arme habituelle à une vitesse rapide, mais avec moins de puissance. For : 1.
  7. Coup Lent : Actif. Frappe de base, permet à l’utilisateur de porter un coup à l’aide de son arme habituelle à une vitesse ralentie, mais avec plus de puissance. For : 1.
  8. Combo : Passif. Permet à l’utilisateur d’enchaîner plusieurs coups. Les coups ne peuvent être de natures différentes. For : 3
  9. Coup de Zone : Actif. Permet à l’utilisateur de porter un coup tout autour de lui dans un périmètre restreint. For : 4.
  10. Percée : Actif. L’attaquant peut briser la garde de l’adversaire si son attaque est supérieure à la défense de l’adversaire. For : 4.
  11. L'Imprévisible : Passif. Style de combat lâche, l'Imprévisible permet de donner des coups comme d'une façon aléatoire. For : 6. A noter que l'obtention de ce style de combat empêche la capacité d'apprentissage de la série "Combat Rapproché."

    Compétences de rang 2
  12. Combo Break : Passif. Permet à l’utilisateur d’enchaîner sans temps d’arrêt des coups de différentes vitesses. For : 10.
  13. Close-combat : Actif. L’attaquant, à la fin d’un combo concentre sa force et frappe violemment la cible. For : 8.
  14. Surpassement : Passif. Augmente grandement la puissance des attaques physiques en cas de danger. For : 15, Def : 5.
  15. Folie : Passif. Nécessite L'imprévisible. L'attaquant se bat presque entièrement avec un style de combat presque imparable. For : 13.
  16. Tornade grise : Actif . Nécessite de se battre avec une lance/baton/hallebarde/sceptre. L’utilisateur peut faire tournoyer son arme entre ses mains et devant lui pour parer n’importe quel coup frontale (Peut contrer brasier qui frappe de front mais pas un sort de Foudre.) For : 21
  17. L’Œil de Soumission : Actif. Celui qui détient cette compétence peut concentrer sa force en lui et le temps d’un croisement de regards avec quelqu’un, lui transmettre un éclair très bref de puissance à l’état pur. Cela n’est pas offensif du tout et ne sert qu’à donner à l’ennemi un aperçu de sa force. Peut aussi surprendre. For : 14.

    Compétences de rang 3
  18. Lancer : Actif. Permet à l’utilisateur de jeter son arme pour lui faire suivre une certaine trajectoire. For : 25.
  19. Frappe de Zone : Actif. Nécessite Coup de Zone. Permet d’augmenter le périmètre d’attaque. For : 30. [HS]
  20. Zui Quan : Passif, nécessite Folie. L'utilisateur se bat de manière parfaite avec ce style de combat. A noter que son imprévisibilité rend difficile à parer. For : 33. [HS]
  21. La Vague de Domination : Actif. Nécessite L’œil de Soumission. Cette fois-ci, même si un croisement de regard même très bref est encore nécessaire, l’utilisateur peut concentrer sa force et envoyer une rafale de puissance à l’état pur à celui qu’il regarde. A nouveau, ce n’est pas offensif et cela donne aussi une idée de la force de l’utilisateur mais cela peut grandement effrayer la victime et la paralyser au moins durant le temps de la rafale (quelques secondes à peine). For : 30. [HS]

  22. Compétences défensives
    Compétences de rang 1
  23. Parade : Actif. Permet à l’utilisateur de bloquer un coup à l’aide de son arme. Def : 2.
  24. Endurance : Actif. Permet de rester stoïque pendant une minute. Def : 3.
  25. Provocation : Actif. L'utilisateur invite les ennemis à l'attaquer, cela ne marche que pour les monstres. Def : 8 [HS]

    Compétences de rang 2
  26. Concentration : Actif. Augmente la résistance aux dégâts physiques et soigne légèrement tant que l’utilisateur reste passif. Def : 14. [HS]
  27. Contrecoup : Actif. Nécessite Parade. Permet de repousser le coup de l’adversaire et de briser sa garde. Def : 9. [HS]

  28. Compétences magiques
    Compétences de rang 2
  29. Mental : Celui qui possède cette compétence peut commander les objets par la pensée, ils bougent d'eux mêmes et peuvent devenir des ennemis à part entière; Mag :22 [HS]

  30. Compétences psychiques
    Compétences de rang 1
  31. Rire diabolique : Actif. L'utilisateur éclate d'un rire froid pour déconcentrer l'adversaire. Psy : 7 [HS]

    Compétences de rang 2
  32. Vertige : Actif. L'utilisateur peut infliger des nausées et des étourdissements à la cible, ce qui la nuit dans ses mouvements. À noter que les effets sont plus ou moins important selon le niveau de psychisme des victimes. Psy : 17 [HS]

    Compétences de rang 3
  33. Céphalées : Actif. Nécessite Vertige. L'utilisateur peut infliger une migraine à la cible, en plus d'étourdissements plus intenses. Psy : 32 [HS]

  34. Compétences de dextérité
    Compétences de rang 1
  35. Roulade : Actif. Permet à l’utilisateur d’effectuer une roulade pour esquiver une attaque. Dex : 3
  36. Judoka : Actif. Vous saisissez votre adversaire et le jetez au sol en usant tout votre poids et votre adresse. Vit 5, Dex 10
  37. Desperado : Passif. L'attaquant sait utiliser les armes de combat à distance comme l'arc ou les armes à feu, mais certainement pas assez pour utiliser deux armes à la fois. Dex : 5

    Compétences de rang 2
  38. Super-saut : Passif. Permet à l’utilisateur de sauter plus haut. Dex : 18.
  39. Saut de l’Ange : Actif. Permet à l’utilisateur de ralentir sa chute lors d’un saut. Dex : 17.
  40. Balayage : Actif. nécessite Judoka. Vous effectuer un balayage simple, qui secoue l'adversaire sans le faire chuter. Vit 10 Dex 15
  41. Pickpocket: L'utilisateur peut voler un objet à l'ennemi mais il est rare de réussir du premier coup et cette technique peut le mettre en mauvaise posture. Dex: 15.
  42. Dernière ligne : Passif, nécessite Desperado. L'attaquant peut tirer avec bien plus de précision et supporte mieux le retour de l'arme. Dex : 13.

    Compétences de rang 3
  43. Double saut : Passif. Nécessite Super saut. Permet de faire un double saut. Dex : 35.
  44. Voleur doué: Actif. Nécessite Pickpocket. L'utilisateur à plus de chance d'arriver à voler un objet et les risques sont grandement diminués. Dex: 30.
  45. Rapace : Passif, nécessite « Dernière Ligne ». L'attaquant peut tirer aussi bien avec une arme lourde qu'avec deux légères. Dex : 33.
  46. Capoeira : Actif. Nécessite Balayage. Une balayage latéral qui frappe et fait chuter les ennemis autour de vous. dex 20 Vit 15 For 10.
  47. L’art de l’effet : Actif. Nécessite Dévier : Permet d’accentuer l’effet donner aux balle mais la trajectoire reste encore imprécis. Dex : 34

  48. Compétences de vitesse
    Compétences de rang 1
  49. Glissade : Actif. Permet à l’utilisateur de glisser brièvement sur le sol pour se mouvoir rapidement. Vit : 5
  50. Glissade Aérienne : Actif. Permet à l’utilisateur de glisser brièvement dans les airs pour se mouvoir rapidement. Vit : 5.
  51. Sprint : Actif. Permet à l’utilisateur de courir plus rapidement sur une courte distance. Vit : 3.

    Compétences de rang 2
  52. Ruée : Actif. Permet à l’utilisateur de se rapprocher rapidement d’un ennemi. Vit : 10.
  53. Repli : Actif. Permet à l’utilisateur de s’éloigner rapidement d’un ennemi. Vit : 11.

    Compétences de rang 3
  54. Éclair : Passif. Permet à l’utilisateur d’effectuer des mouvements plus rapides qu’à l’accoutumée. Vit : 27. [HS]

    Compétences de rang 5
  55. Téléport : Actif. Nécessite Eclair. Permet à l’utilisateur de se téléporter instantanément sur de petites distances. Vit : 80. [HS+]

  56. Compétences de symbiose
    Compétence de rang 1
  57. Fausse charité : actif. Permet à l'utilisateur de créer et de lancer de fausses pièces d'or qui attirent les curieux. Distrait un ou plusieurs individus pendant un bon moment. Sym : 3 For : 2 [HS]



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Mérope&Ézéchiel
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Mer 9 Jan - 15:56

« La résistance est d’or »

Le soleil qui disparaît derrière une forêt dévastée. Des paysans au chômage un peu partout qui pestent contre le souverain et ses décisions aberrantes. Les ruines d’une maison incendiée, quelques blessés qui lambinent et gémissent aux quatre coins de la principauté. Et même ces armures noires qui raillent et qui s’attaquent aux miséreux sans raison. C’est un décor si désordonné, mais pourtant majestueux dans son désordre. C’est poétique, après tout. C’est la métaphore de la vie! À mauvais dirigeant, triste populace. C’est l’effet papillon! Un simple battement d’ailes, quelque part au mauvais moment, qui engendre une bourrasque trop violente qui génère une tornade trop sournoise qui cause des dégâts trop importants. C’est… c’est le Palais des rêves, dans toute sa déplorable splendeur.

Au milieu de ce bazar en continuelle décadence, on voit apparaître la lueur d’une lumière, la silhouette d’un sauveur. Dans la noirceur orangée de ce début de veillée, un mironton au pelage roux chemine avec placidité et calme. On le voit passer et on est aussitôt subjugué par son prestige, par sa prestance, par sa prestation! Il marche flegmatiquement, comme si la misère de cette population était illusoire ou, mieux, futile. Personne ne le connaît encore, certains daignent même lui lancer un regard perplexe, mais bientôt, il sera grand dans sa renommée. Il sera le héros, celui même qui permettra le salut de ce peuple accablé par un prince diablement inattentif. Il sera… Mais pour l’instant, il n’est que Renart – sir Renart s’il vous plaît –, un pauvre inconnu aux ambitions aussi belles qu’irréalisables. Ce nom animera les lèvres de chaque quidam ici présent, et bien plus encore. Le temps aura raison de son anonymat.

Et il marche. Il marche avec trop de paix. Sa démarche est presque honteuse, elle est en contraste insolent avec l’atmosphère belligérante qui règne. On a l’impression qu’il est aveugle et qu’il ne sait pas sur quelle terre ferme il a posé le pied, mais, au fond de lui, il sait pertinemment où il se dirige et par où il s’orientera. Riez bien, jeune populace en perdition qui ne devrait plus jamais espérer autre chose que la guerre, mais ce renard qui déambule à quelques pas de vous est bien plus qu’une simple âme. Il est votre sauveur. Remerciez-le déjà. Prosternez-vous avec passion sans attendre une seconde de plus.

Et il s’avance. Déambule-t-il? Non, il ne déambule jamais. L’errance a été créée pour les indolents et les nonchalants. Lui, il avance, c’est tout ce qu’il fait. Il s’avance cette fois-ci vers un amas d’individus qui fulminent en chœur des atrocités contre le souverain. Renart est presque épris par la joie en voyant cette masse indigente. Une masse indigente, c’est ce qu’il y a de plus malléable. Manipulons donc sans attendre.
« Cessez de gémir comme d’hideuses bêtes de somme, mes chers. Crier est futile. Son Altesse ne vous écoutera pas, il ne vous écoutera jamais! » Les manifestants désespérés se retournent avec synchronisme, ce qui engendre chez Renart un sentiment d’exaltation inégalable. Un peu d’attention, que c’est agréable! Il en profite, d’ailleurs, il en profite. « Le prince a fait mine d’être charitable durant tout ce temps pour vous manipuler plus tard. » Il voulut rajouter c’est ce que je ferai avec vous, bande d’hurluberlus, mais se retint en jugeant que ce n’était pas approprié de s’attaquer à de pauvres gens comme eux. « Ce que vous avez besoin, c’est de quelqu’un qui entend vos jérémiades. » Il fait valser sa canne entre ses mains en décochant un sourire si faux, mais un sourire qui réconforte assurément le cœur triste de ses interlocuteurs. Première phase accomplie avec grand succès : s’attirer la sympathie des victimes en acquiesçant à leur doctrine. C’était un jeu d’enfants.

Renart voit quelque chose briller dans le regard des protestataires, mais il ne peut déterminer de quoi il s’agit. Est-ce du soulagement ou les bribes d’une grande jouissance? Et pourquoi pas les deux? Quoi qu'il en soit, il est fier de son coup, fier de son idée, fier de lui. Il n’aurait pas pu atterrir sur un monde aussi utopique dans sa dystopie. Il voudrait se remercier publiquement, mais il ne veut pas paraître tel un prétentieux personnage devant ces êtres qu’il ne connaît même pas, devant ses futurs subalternes, ses futurs sujets, ses futurs esclaves! Il se contente donc de se taire, en souriant de plus belle, comme pour montrer une certaine compassion. Une compassion qu’il ne ressent pas, évidemment.

Ainsi, dans l’agglomération d’idiots qui pensent recevoir réaction d’un prince corrompu, un homme à la barbe forestière (!!) se détache et tend la main. Dans son visage, on peut lire de l'incompréhension. Dans sa voix aussi, on peut lire une émotion semblable.
« Que pouvons-nous faire d’autres, monsieur? » Viscéralement, Renart resserre l’étreinte de sa canne et enfonce ce prodigieux bâton dans le thorax de son interlocuteur. En esquissant un rictus furieux, il rectifie les paroles de l’homme. « On dit sir. Sir Renart. » Le barbu est médusé quelques secondes par la prestesse des événements, mais en fait abstraction bien rapidement. Il reprend donc où il avait terminé, toujours avec ce ton d'incompris désespéré. « On ne peut entrer dans le château, c’est trop dangereux! On ne peut le prendre d’assaut non plus, car c’est la seule richesse qu’il nous reste. On ne peut rien faire. » Une succession d’onomatopées émergent de la bouche de l’aristocrate animalier. « Vous ne pouviez rien faire, mais maintenant, je suis là. » Il met l’accent sur les derniers mots. Il est là. Tout peut enfin se régler. Enfin!

Néanmoins, ne soyons pas stupides ou trop optimistes : les choses n’arriveront pas par magie, il faut provoquer le changement. Et à défaut de pouvoir le faire maintenant, sans véritables moyens ni d’idées, Renart prend l’initiative de faire ce qu’il fait le mieux : parler splendidement pour ne rien dire. Pour stimuler les troupes, il faut les enchanter, les enivrer de fausses paroles et de fausses promesses. Dans cette sournoise optique, il se retourne donc et grimpe sur le premier rocher qu’il aperçoit à l’horizon. De là, il se sent si bien. Il est là où il a toujours cru qu’il devait être : près des cieux. Il toussote, murmure quelques secondes, débite même des vocalises pour réchauffer sa voix et s’élance.
« Dans ma tendre jeunesse, j’étais le grand général d’une grande armée d’un grand empire éloigné. L’empereur, qui détenait alors plus de pouvoir que moi, était considéré comme un despote effroyable qui ordonnait des massacres à une fréquence horriblement trop… fréquente. Qui plus est, il vivait dans l’opulence alors que la population rampait dans des conditions terribles qui me mettaient à chaque fois la larme à l’œil. Honteux d’exister dans une telle contrée, je décidai un jour de prendre les choses en main. À la tête de l’armée, j’ai mené les paysans à la révolution et, ensemble, nous avons détrôné ce qu’on croyait indétrônable. » Il prend une pause dramatique. Une pause qui, malgré tout, captive encore un peu les auditeurs. Ils salivent presque devant cette fable. « Tout cela pour dire que ce que nous croyions impossible à réaliser est devenu possible avec le temps, les efforts et l’harmonie. » Il échappe quelques rires. « Mes très chers camarades, rien n'est perdu avant d'avoir perdu. » Cette sentence veut probablement ne rien dire, mais elle engendre réflexion chez les protestataires. Ils se lancent quelques regards entre eux, ne sachant pas trop comment réagir à la venue de ce curieux personnage.

Descendant de son piédestal improvisé, Renart empale la verdure de sa canne, s'accoude dessus et regarde ses interlocuteurs avec un apitoiement imaginaire. Il attend et espère : il attend une réponse et espère qu'elle soit positive... Par la moustache de son père! Il déteste attendre, et Dieu sait à quel point il ne sait plus espérer! Donc très impatient, ses doigts se mettent à tambouriner sur son sceptre. Plus les secondes s'écoulent, plus il devient anxieux. Mais tout s'estompe lorsque la voix du barbu casse le silence.
« Vous croyez pouvoir nous aider? » D'un coup, Renart se redresse et reprend sa canne. Il toise l'homme momentanément alors que des rires très francs s'évadent de ses cordes vocales et viennent détendre l'atmosphère. Entre deux quintes de rigolade, il s'efforce de déclarer : « Je crois? Je crois?! Croire, c'est si... futile, si inutile! C'en est l'opium de tous les peuples! Moi, je sais. Vous devriez savoir, vous aussi : je sais que je peux vous aider. » Sa voix est persuasive. Elle s'infiltre dans le cœur de tous les manifestants présents et les atteint tous personnellement. Peu à peu, on discerne des lueurs de bonheur sur leurs lèvres. Fort malheureusement, cette montée d'allégresse est opprimée par les doutes. Pourquoi et comment faire confiance à un renard arrogant, mais surtout complètement inconnu? C'est absurde!

En toute évidence, la réponse du barbu est prévisible. Elle n'impressionne ni ne stupéfie Renart.
« Et pourquoi vous faire confiance? Nous avons déjà été approchés par d'autres grands parleurs comme vous qui disaient pouvoir nous aider, mais ils ne voulaient rien d'autre que réprimer nos actions contre le prince! Qu'est-ce qui nous dit que vous n'êtes pas l'un d'eux, sir Renart? » Il soupire. « Si je ne m'abuse, vos plaintes devraient attirer l'attention des gardes, n'ai-je pas raison? » Le barbu et tous les autres acquiescent sans véritablement comprendre le sens de la question. « Attendons, donc. La patience est la plus grande des vertus, il paraît. » Tous attendent en silence, obéissant aux exigences du Propriétaire sans qu'il ne s'en rendent compte. Deuxième phase en marche : persuader les victimes qu'ils n'ont rien à appréhender. Obéissons, lecteurs, et attendons!

Attendons! C'est long... Affreusement long, mais patientons!

...

Enfin, la légion princière! Les voilà qui arrivent. Les voilà qu'ils s'approchent! Ils sont deux, lourdement armés, lourdement équipés et lourdement effrayants quand même. Mais pas pour Renart! Lui ne sursaute même pas en les voyant marcher, alors que tous les manifestants se reculent presque machinalement. Il ne fait que les regarder avec un surplus d'arrogance en retirant lentement son chapeau. Lentement, mais avec classe, il se retourne vers ses sujets de demain et demande avec une gentillesse marquée.
« Je vous prie, tenez cela. Ne le perdez pas, car cela vous en coûtera beaucoup plus qu'une fortune! » Il rit. Ses rires sont presque machiavéliques et réverbèrent comme s'ils provenaient d'outre-tombe!.

Les gardes s'avancent à grands pas décidés. Plus ils approchent, plus on distingue toute la hargne qui préoccupe leur visage. Ça amuse Renart. Ça l'amuse à un tel point qu'il se met à rire encore un peu plus. Cependant, cette douce raillerie ne dure pas bien longtemps, car à peine quelques secondes plus tard, alors que les surveillants ne se trouvent qu'à quelques mètres, son visage se glace. Plus aucune émotion ne se lit dans ses yeux, sinon que de la concentration à l'état pur. Il plisse les yeux, plisse les sourcils, plisse le front et plisse les joues avec vigueur. On suppose qu'il complote quelque chose, qu'il a un plan satanique derrière la tête. Et on comprend tout quand on en voit le résultat! Alors que les gardes ne peuvent être plus près, l'un d'entre eux se met à tituber discrètement jusqu'à vaciller avec aucune pudeur. Épris de spasmes et d'étourdissements assez violents, il enfonce son visage dans le creux de ses mains. Il gémit. Il souffre. Il brame et se plaint! Renart recommence à rire, mais profite de cette tendre situation pour s'occuper du second garde qui, lui, est préoccupé par les nausées soudaines de son camarade. Le Propriétaire s'approche donc, assène deux trois coups violents au surveillant toujours en pleine forme. Son état de santé ne s'éternise pas alors qu'il tombe, littéralement assommé. Et coup de grâce! Le sceptre du Propriétaire s'enfonce dans le buste du pauvre guerrier et ce dernier s'évanouit.

Renart admire son chef-d’œuvre avec... admiration. Il est si abasourdi par l'ampleur de ses talents qu'il ne remarque pas le second soldat, remis de ses dures céphalées, charger vers lui. Il ne peut éviter le choc, ni le vol plané, ni la chute brutale et encore moins le regrettable impact contre le sol. Quand il se relève, la première chose qu'il fait n'est pas de répliquer et ce n'est pas non plus de se défendre. Il scrute plutôt son costume et distingue cette saleté sur l'encolure de sa chemise. Il est furieux. Bon Dieu qu'il est furieux! Le pelage de son visage s'empourpre presque tellement il est en colère contre cet homme! Il a mal à la poitrine, certes, mais cette douleur ne fait pas le poids face à ce maladroit qui a daigné souiller la blancheur de son vêtement. Le regard de Renart se pose donc sur son opposant. Si ses yeux étaient des poignards, le misérable garde aurait été empalé de tous les côtés.

Et il charge, mais pas n'importe comment : il charge par les cieux! Avec rapidité, agilité et grande beauté, il bondit dans les airs et, comme si le vide sous ses pieds s'était durci, il parvient à sauter de nouveau. Son ascension dure quelques instants à peine, mais sa chute dure encore moins longtemps. Il s'écrase contre le surveillant qui, bien que blindé de partout, chancelle et tombe à son tour. Satisfait, il empoigne sa canne un peu plus fort et prend son élan pour asséner un coup formidable au garde, mais ce dernier empoigne sa hallebarde au dernier moment et bloque l'offensive. Renart a beau usé de toutes ses forces pour repousser l'arme du garde, mais il n'y parvient pas et, de nouveau, il fend l'air. Cette fois-ci, à l'affût des dangers, il réussit à ralentir sa chute pour l'amortir, retombant sur ses pattes. On l'entend soupirer un unique mot.
« Cela suffit! » Oui, ce sont bien deux termes séparés d'un espace, mais le Propriétaire les prononce avec tant de vitesse qu'on dirait qu'il ne s'agit que d'un seul mot. Quoi qu'il en soit, il dégaine son révolver pour viser avec acuité l'une des failles de l'armure du surveillant. Une détonation résonne dans les environs alors que la balle se plante dans la rotule du garde. La victime se retrouve hors-combat et il suffira d'un coup de pied au crâne pour qu'elle s'endorme paisiblement, rejoignant son compagnon engourdi dans le monde des songes. Ils ne sont pas morts, certes, mais seront silencieux pendant un bon moment!

Avec fière sérénité, Renart rejoint les protestataires qui ont observé la scène avec contemplation et reprend son haut-de-forme. En les voyant, il ne peut s'empêcher de sourire. Cette fois-ci, il s'agit d'un sourire véritable... Un sourire prétentieux à souhait, mais authentique! Et c'est alors qu'il demande :
« Maintenant, croyez-vous toujours que je ne suis qu'un abject imposteur? » Le barbu se détache de nouveau de l'agglomération. « Si je considère vous faire confiance, que nous proposez-vous? » Le Propriétaire range son révolver. « Continuez de crier injustice partout autour de ce palais! Je reviendrai bien vite, je reviendrai, lance-t-il en réajustant sa chemise. Rendez-moi fier. » Reviendra-t-il? Oui. N'oublions pas qu'il respecte toujours ses promesses lorsqu'il s'agit d'influence, de pouvoir et de fortune! C'est donc sur cette belle promesse qu'il quitte ce monde de révoltés, d'insurgés, de sans-cœurs et de ténèbres pour rejoindre le vaisseau mère de cette magnifique organisation qui lui sert de gagne-pain depuis quelques mois. « Qu'on m'appelle un chauffeur privé! » qu'il hurle dans le vide, sans réponse. « Bon. Je prendrai le train des simples mortels pour cette fois-ci. »


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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Mer 9 Jan - 16:08

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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Dim 13 Jan - 16:02

La résistance est d’or

Le soleil qui disparaît derrière une forêt dévastée. Des paysans au chômage un peu partout qui pestent contre le souverain et ses décisions aberrantes. Les ruines d’une maison incendiée, quelques blessés qui traînassent et gémissent aux quatre coins de la principauté. Et même ces armures noires qui raillent et qui s’attaquent aux miséreux sans raison. C’est un décor si désordonné, mais si pourtant majestueux dans son désordre. C’est poétique, après tout. C’est la métaphore de la vie! À mauvais dirigeant, triste populace. C’est l’effet papillon! Un simple battement d’ailes, quelque part au mauvais moment, qui engendre une bourrasque trop violente qui génère une tornade trop sournoise qui cause dégâts trop importants. C’est… c’est le Palais des rêves, dans toute sa déplorable splendeur.

Au milieu de ce bazar en continuelle décadence, on voit apparaître la lueur d’une lumière, la silhouette d’un sauveur. Dans la noirceur orangée de ce début de veillée, un mironton au pelage roux chemine avec placidité et calme. On le voit passer et on est aussitôt subjugué par son prestige, par sa prestance, par sa prestation! Il marche trop quiètement, comme si la misère de cette population était illusoire ou, mieux, futile. Personne ne le connaît encore, certains daignent même lui lancer un regard perplexe, mais bientôt, il sera grand dans sa renommée. Il sera le héros, celui même qui permettra le salut de ce peuple accablé par un prince pas assez attentif. Il sera… Mais pour l’instant, il n’est que Renart – sir Renart s’il vous plaît –, un pauvre inconnu aux ambitions aussi belles qu’irréalisables. Ce nom animera les lèvres de chaque quidam ici présent, et bien plus encore. Le temps aura raison de son anonymat.

Et il marche. Il marche avec trop de paix. Sa démarche est presque honteuse, elle est en contraste insolent avec l’atmosphère belligérante qui règne. On a l’impression qu’il est aveugle et qu’il ne sait pas sur quelle terre ferme il a posé le pied, mais, au fond de lui, il sait pertinemment où il se dirige et par où il s’orientera. Riez bien, jeune populace en perdition qui ne devrait plus jamais espérer autre chose que la guerre, mais ce renard qui déambule à quelques pas de vous est bien plus qu’une simple âme. Il est votre sauveur. Remerciez-le déjà. Prosternez-vous avec passion sans attendre une seconde de plus.

Et il s’avance. Déambule-t-il? Non, il ne déambule jamais. L’errance a été créée pour les indolents et les nonchalants. Lui, il avance, c’est tout ce qu’il fait. Il s’avance cette fois-ci vers un amas d’individus qui fulminent en chœur des atrocités contre le souverain. Renart est presque épris par la joie en voyant cette masse indigente. Une masse indigente, c’est ce qu’il y a de plus malléable. Manipulons-donc sans attendre.
« Cessez de gémir comme d’hideuses bêtes de somme, mes chers. Crier est futile. Son altesse ne vous écoutera pas, il ne vous écoutera jamais! » Les manifestants désespérés se retournent avec synchronisme, ce qui engendre chez Renart un sentiment d’exaltation inégalable. Un peu d’attention, que c’est agréable! Il en profite, d’ailleurs, il en profite. « Le prince a fait mine d’être charitable durant tout ce temps pour vous manipuler plus tard. » Il voulut rajouter c’est ce que je ferai avec vous, bande d’hurluberlus, mais se retint en jugeant que ce n’était pas approprié de s’attaquer à de pauvres gens comme eux. « Ce que vous avez besoin, c’est de quelqu’un qui entend vos jérémiades. » Il fait valser sa canne entre ses mains en décochant un sourire si faux, mais un sourire qui réconforte assurément le cœur triste de ses interlocuteurs. Première phase accomplie avec grand succès : s’attirer la sympathie des victimes en acquiesçant à leur doctrine. C’était un jeu d’enfants.

Renart voit quelque chose briller dans le regard des protestataires, mais il ne peut déterminer de quoi il s’agit. Est-ce du soulagement ou les bribes d’une grande jouissance? Et pourquoi pas les deux? Quoi qu'il en soit, il est fier de son coup, fier de son idée, fier de lui. Il n’aurait pas pu atterrir sur un monde aussi utopique dans sa dystopie. Il voudrait se remercier publiquement, mais il ne veut pas paraître tel un prétentieux personnage devant ces êtres qu’il ne connaît même pas, devant ses futurs subalternes, ses futurs sujets, ses futurs esclaves! Il se contente donc de se taire, en souriant de plus belle, comme pour montrer une certaine compassion. Une compassion qu’il ne ressent pas, évidemment.

Ainsi, dans l’agglomération d’idiots qui pensent recevoir réaction d’un prince corrompu, un homme à la barbe forestière (!!) se détache et tend la main. Dans son visage, on peut lire de l'incompréhension. Dans sa voix aussi, on peut lire une émotion semblable.
« Que pouvons-nous faire d’autres, monsieur? » Viscéralement, Renart resserre l’étreinte de sa canne et enfonce ce prodigieux bâton dans le thorax de son interlocuteur. En esquissant un rictus furieux, il rectifie les paroles de l’homme. « On dit sir. Sir Renart. » Le barbu est médusé quelques secondes par la prestesse des événements, mais en fait abstraction bien rapidement. Il reprend donc où il avait terminé, toujours avec ce ton d'incompris désespéré. « On ne peut entrer dans le château, c’est trop dangereux! On ne peut le prendre d’assaut non plus, car c’est la seule richesse qu’il nous reste. On ne peut rien faire. » Une succession d’onomatopées émergent de la bouche de l’aristocrate animalier. « Vous ne pouviez rien faire, mais maintenant, je suis là. »

Il met l’accent sur les derniers mots. Il est là. Tout peut enfin se régler. Enfin!

Néanmoins, ne soyons pas stupides ou trop optimistes : les choses n’arriveront pas par magie, il faut provoquer le changement. Et à défaut de pouvoir le faire maintenant, sans véritables moyens ni d’idées, Renart prend l’initiative de faire ce qu’il fait le mieux : parler splendidement pour ne rien dire. Pour stimuler les troupes, il faut les enchanter, les enivrer de fausses paroles et de fausses promesses. Dans cette sournoise optique, il se retourne donc et grimpe sur le premier rocher qu’il aperçoit à l’horizon. De là, il se sent si bien. Il est là où il a toujours cru qu’il devait être : près des cieux. Il toussote, murmure quelques secondes, débite même des vocalises pour réchauffer sa voix et s’élance.


« Dans ma tendre jeunesse, j’étais le grand général d’une grande armée d’un grand empire éloigné. L’empereur, qui détenait alors plus de pouvoir que moi, était considéré comme un despote effroyable qui ordonnait des massacres à une fréquence horriblement trop… fréquente. Qui plus est, il vivait dans l’opulence alors que la population rampait dans des conditions terribles qui me mettaient à chaque fois la larme à l’œil. Honteux d’exister dans une telle contrée, je décidai un jour de prendre les choses en main. À la tête de l’armée, j’ai mené les paysans à la révolution et, ensemble, nous avons détrôné ce qu’on croyait indétrônable. »

Il prend une pause dramatique. Une pause qui, malgré tout, captive encore un peu les auditeurs. Ils salivent presque devant cette fable.

« Tout cela pour dire que ce que nous croyions impossible à réaliser est devenu possible avec le temps, les efforts et l’harmonie. »

Il échappe quelques rires.

« Mes très chers camarades, rien n'est perdu avant d'avoir perdu. »

Cette sentence ne veut probablement rien dire, mais elle engendre réflexion chez les protestataires. Ils se lancent quelques regards entre eux, ne sachant pas trop comment réagir à la venue de ce curieux personnage.

Renart empale la verdure de sa canne et s'accoude dessus en regardant ses interlocuteurs avec un apitoiement imaginaire. Il attend et espère : il attend une réponse et espère qu'elle soit positive... Par la moustache de son père! Il déteste attendre, et Dieu sait à quel point il ne sait plus espérer! Donc très impatient, ses doigts se mettent à tambouriner sur son sceptre. Plus les secondes s'écoulent, plus il devient anxieux. Mais tout s'estompe lorsque la voix du barbu casse le silence.


« Vous croyez pouvoir nous aider? »

D'un coup, Renart se redresse et reprend sa canne. Impassible, il toise l'homme ou jusqu'à ce que des rires très francs s'évadent de ses cordes vocales et viennent détendre l'atmosphère. Entre deux quintes de rigolade, il s'efforce de déclarer :

« Je crois? Je crois?! Croire, c'est si... futile, si inutile! C'en est l'opium de tous les peuples! Moi, je sais. Vous devriez savoir, vous aussi : je sais que je peux vous aider. »

Sa voix est persuasive. Elle s'infiltre dans le cœur de tous les manifestants présents et les atteignent tous personnellement. Peu à peu, on discerne des lueurs de bonheur sur leurs lèvres. Fort malheureusement, cette montée d'allégresse est opprimée par les doutes. Pourquoi et comment faire confiance à un renard arrogant, mais surtout complètement inconnu? C'est absurde! En toute évidence, la réponse du barbu est prévisible. Elle n'impressionne ni ne stupéfie Renart.

« Et pourquoi vous faire confiance? Nous avons déjà été approchés par d'autres grands parleurs comme vous qui disaient pouvoir nous aider, mais ils ne voulaient rien d'autre que réprimer nos actions contre le prince! Qu'est-ce qui nous dit que vous n'êtes pas l'un d'eux, sir Renart? »

Il soupire.

« Si je ne m'abuse, vos plaintes devraient attirer l'attention des gardes, n'ai-je pas raison? »

Le barbu et tous les autres acquiescent sans véritablement comprendre le sens de la question.

« Attendons, donc. La patience est la plus grande des vertus, il paraît. »

Tous attendent en silence, obéissant aux exigences du Propriétaire sans s'en rendre compte. Deuxième phase en marche : persuader les victimes qu'ils n'ont rien à appréhender. Obéissons, lecteur, et attendons!

Attendons! C'est long... Affreusement long, mais patientons!
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Ven 25 Jan - 23:18

« Les imbéciles sont de bons clients »

Dieu qu’il déteste recevoir des ordres. Dieu qu’il déteste être soumis à une autorité autre que lui. Et Dieu qu’il déteste Rufus Shinra, aussi splendide et puissant soit-il. Mais par la rousseur de son pelage, que fait-il donc au sein de la compagnie? Le pouvoir, très cher lecteur en perdition, rien d’autre que le pouvoir et l’influence. Seul, sans fortune, le pauvre Renart n’a pas d’opportunités. Il se retrouve devant une multitude de portes qu’il ne peut ouvrir, n’en ayant plus les moyens. Néanmoins, aux côtés du président de la Shinra, il devient aussitôt plus… plus grand, plus grandiose, plus grandiloquent! Ses mots ont enfin un sens et un impact. Ses gestes peuvent enfin mener vers quelque chose. Ses idées peuvent maintenant être entendues et respectées par tous. Oh! oh! oh! Qu’il est superficiel, ce Renart! Que ne ferait-il pas pour un peu de munnies? Il vendrait son père, s’il en avait encore un.

Ainsi, ce matin, il reçut, de la part de son incroyable supérieur, un ordre de mission. On lui ordonna en fait de se rendre en plein cœur de la jungle urbaine (quoique l’adjectif urbaine n’est peut-être pas assez approprié pour qualifier ce monde d’aliénés et de purs détraqués). Il doit en effet se rendre à Illusiopolis pour faire l’état des lieux. Quel bonheur! Illusiopolis, la cité qui jamais ne fut… saine d’esprit. En effet, d’aussi loin que Renart se souvienne, la ville a longuement été dominée par des sans-cœurs, des démons et des individus assez louches – notamment un beau ténébreux qui contrôlait une demi-douzaine de lances et des poussières –, et voilà que depuis l’entrée en scène de Rufus, elle est habitée par quelques centaines de gens ayant en moyenne vingt de quotient intellectuel. C’est un monde merveilleux, n’est-il pas? En effet, il ne l’est pas.

Soit! Après avoir emprunté les transports en commun, après avoir réussi à partir sans payer et après s’être battu avec un homme qui a daigné échapper un peu de café sur son habit, Renart est enfin arrivé à sa destination, sain et sauf. Au moment où il quitte son véhicule, il se sent aussitôt opprimé par l’atmosphère désagréable qui règne. D’où il est, il ne voit pourtant presque rien, sinon que des immeubles à perte de vue. Pourtant, il parvient déjà à sentir les effluves d’alcool et à percevoir quelques bribes du chaos sonore de la ville. Déjà désespéré par cette cité et par cette mission, il s’effondre sur le sol comme un lâche et décide de se laisser mourir.



Il capitule. Mourir, c’est trop long et pas assez en vogue.

Il se relève donc, époussète son costume de plusieurs coups de main et se jette dans la gueule du loup. Il marche. Il marche trop longtemps avant d’atteindre le centre de la ville. Et il se rend compte qu’il aurait préféré ramper douze décennies dans un désert aride sans eau, sans nourriture et poursuivi par un taureau plutôt que d’accomplir cette mission. Pendant l’espace d’un instant, il a envie d’abandonner et de retourner au bercail, mais sa petite voix dans son for intérieur lui susurre de rester. Il doit faire bonne impression vis-à-vis Rufus! C’est sa seule et unique chance de se forger de nouveau un nom dans la société et de devenir maître du monde. Alors, il capitule à son abandon (??) et continue de s’engouffrer dans les profondeurs de cette ville. Par le fait même, il dégaine un peu de parchemin, un peu d’encre et un peu de plume pour noter tout ce qu’il voit.

Et c’est à ce moment précis qu’il se dit qu’il aurait dû apporter avec lui son majordome.

Ainsi s’avance-t-il. Les rues sont bondées de gens qui semblent si heureux! Ils s’engueulent les uns par-dessus les autres, vocifèrent des séries d’insultes que je n’ose retranscrire, pestent contre les voisins et n’hésitent jamais à en venir aux poings pour régler le moindre des conflits. Bienvenue dans la cité des vices.

À travers les masses qui se déplacent sans cesse, Renart se fraie un chemin et pénètre dans un bâtiment au hasard. Il n’est pas mécontent en voyant qu’il y a en fait encore plus de monde qu’à l’extérieur. À première vue, il considère que c’est un bar. À deuxième vue, il juge que c’est une ruche à larves. À troisième vue (parce que ses yeux sont aussi des narines!), il est rebuté par l’odeur de la sueur et de l’alcool qui s’infiltre dans son museau. À quatrième vue, il régurgite sur le sol. Oui, littéralement, il vomit, rend, dégurgite, exhibe l’intérieur de son estomac devant tous les regards perplexes. Il ne titube pas une seconde avant de quitter cet ignoble endroit. Quand il parvient enfin à respirer de nouveau, il rajoute quelques notes sur son parchemin.

Bon… Il en a déjà assez de cette population grouillante et sans intérêt. Il passe donc directement à la phase deux du plan de Rufus : trouver, à quelque part dans cet univers cinglé, un endroit calme où l’on peut s’entendre respirer. Machinalement, il lève les yeux vers le ciel et des pensées légèrement suicidaires lui reviennent à l’esprit. L’au-delà… Oui, c’est si calme, là-haut. Au paradis, avec son père et tous les esclaves qui ont péri dans les entreprises familiales… La mort est un endroit très quiet, semble-t-il.

Passons! Mais c’est mine de rien grâce à cette élévation du regard qu’il remarque au loin une forteresse grandiose. Il veut s’y rendre pour vérifier si tout est silencieux, mais préfère ne pas y aller en songeant que ce château ferait une sacrée résidence de vacances. Il fait comme s’il n’avait rien vu et abaisse un peu plus ses yeux. Et c’est là qu’il distingue cette interminable tour. Et c’est là qu’il se dit qu’il pourrait aussi en faire une résidence de vacances, mais c’est également là qu’il se calme et qu’il décide d’en faire le sacrosaint lieu de calme et de plaisance pour ce cher Rufus. À travers les ivrognes, les sans-cœurs (au sens figuré, allons!) et les idiobéciles, il s’approche de cette fameuse tour et y pénètre sans la moindre hésitation.

Mais qu’il est stupéfait quand il voit que le lieu est lui aussi plein à craquer. Automatiquement, il se retourne pour quitter, mais la petite voix en lui – cette saligaude! – lui ordonne de s’immobiliser et de faire demi-tour. Il obéit à sa propre conscience, pour une fois, et décide de faire de la place, car après tout, le directeur de la Shinra a bien précisé que « faire de la place » était une solution très vraisemblable. Alors, faisons-en sans plus attendre, de la place!

Dans une démarche si gracieuse qu’on pourrait croire qu’il est ballerine, il marche jusqu’au fond du hall où attend impatiemment un homme dans la force de l’âge et dans la force de ses biceps. Il est accoudé sur le comptoir et regarde d’un œil vil tous les passants qui entrent et qui sortent. Renart s’approche donc de ce mâle qui paraît si charitable et si heureux d’être vivant et lui demande.
« Monsieur, où suis-je au juste? » Le réceptionniste le regarde méchamment avant de rétorquer d’une voix faussement joyeuse! « Vous êtes dans la Tour du souvenir, là où les plus beaux souvenirs se réalisent. En fait, nous louons des chambres. Et certaines d’entre elles sont vacantes. » Satisfait, le Propriétaire laisse échapper quelques rires saccadés. Se remettant de ses émotions, il rajoute quelques mots sur un ton tellement arrogant que c’en devient ridicule. « Je décrète que ce lieu m’appartient. Dégagez, maintenant. »

Renart se dirige derrière le comptoir et bouscule l’homme aux muscles de fer pour prendre sa place, bien décidé à envahir cet hôtel. Vexé et foncièrement furieux, le réceptionniste s’étonne et tonne comme le tonnerre. « Qu’est-ce que vous faites si je vous réponds que vous n’êtes pas en droit de faire ça, connard? demande-t-il rhétoriquement avant d’être aux prises avec une fallacieuse quinte de toux. Oh, désolé, je voulais dire renard. » Vexé et foncièrement furieux (lui aussi), Renart se retourne et lance : « Et qu’est-ce vous faites si je vous réponds ça? » Il prend son élan, tire son bras vers l’arrière et hop! Un coup de poing en plein visage du tas de muscles ambulant. Ce dernier, sonné, titube de quelques pas et passe à peu de s’effondrer, mais réussit à amortir sa chute contre le mur. Pendant ce temps, dans la plus grande des discrétions, Renart gémit en se rendant compte que ses jointures sont mortes. Sacré Renart.

Et ainsi s’entame un formidable combat opposant les gardes de sécurité, arrivés en trombe, et le pauvre ploutocrate. Quand je dis pauvre, c’est dans tous les sens du terme! Il est pauvre parce qu’il n’a pas d’argent, pauvre parce qu’il n’a pas d’amis, pauvre parce qu’il n’a pas de cœur, mais surtout pauvre, car il ne contrecarre pas ce fameux coup au visage qui le fait virevolter. Planant dans les airs comme un corbeau un soir de printemps, il amortit néanmoins sa chute avec toute sa classe et à l’aide de sa tête. Il perd connaissance un moment, ou deux, mais se relève en chancelant à peine quelques secondes plus tard. Il est assommé, mais il est diablement furieux! Juste assez furieux pour mettre la raclée aux gardes de sécurité qui se tiennent trop fièrement près de lui.

Commençons donc par le commencement, si vous le voulez bien. D’un geste brusque, il charge son énergie magique dans la paume de sa main et décharge tout sur le trio de misérables gardiens qui, à leur tour, valsent dans l’éther avant d’amurrir (oui!). Renart ne laisse pas une seconde de répit à ses rivaux en s’approchant prestement et en assénant une bonne trentaine de coups de canne à l’un d’entre eux. Ce dernier tente de rester éveillé mais plonge involontairement dans un sommeil qui lui vaudra un satané mal de tête lorsqu’il se réveillera. Une incroyable gueule de bois!

Mine de rien, pendant ce temps, les deux autres surveillants ont pris le temps de se mettre debout et de se positionner en formation de combat. Poings brandis, yeux fusés de sang et biceps aussi gonflés que des zeppelins, ils semblent prêts à parer n’importe quel coup. N’importe quel coup, sauf celui-là! Renart, bien décidé à en finir avec ses adversaires coriaces, éclate d’un rire froid qui vient les perturber pendant une seconde, mais pendant une seconde de trop! Aussi rapidement que fabuleusement, il réussit à se servir du déséquilibre des gardes de sécurité pour bondir et asséner un coup de pied brutal à l’un des deux, qui s’évanouit presque automatiquement.

Voyant que sa technique a eu un franc succès et se rendant compte que ses souliers doivent être cirés très bientôt, il prend l’initiative de sauter de nouveau. Cependant, au dernier moment, l’ultime garde encore debout empoigne agilement le pied de Renart. Déstabilisé, le Propriétaire se trouve dans une position de désavantage, pendouillant dans les mains du surveillant. D’ailleurs, ce dernier devient probablement fou, car tout de suite après, il se met à gueuler et à se servir de Renart comme d’une massue, en le frappant contre les murs, contre le sol, contre les bureaux et même contre les passants. Clairement assommé, le visage recouvert de sang, mais un sourire hautain trônant toujours sur son visage, Renart dégaine son révolver et tire au hasard… le hasard faisant bien les choses et dirigeant la balle en plein là où le ventre du garde perd son nom. Épris de douleur, le surveillant relâche sa prise et chute sur le sol, recouvrant de ses mains le merveilleux trou de balle qui perce son aine. Dans un dernier souffle, il parvient à se relever et à charger contre le renard qui ne peut échapper à la collision et à de douces souffrances.

Ayant mal à peu près partout (sauf dans le haut de son tibia droit), l’aristocrate s’accroupit avant de se relever. Comme un héros, il fait mine de ne pas porter attention à la douleur qui le ravage. Alors qu’il est sur le point de foncer violemment sur l’ennemi, il se rend compte que sa vision est floue. Il cesse donc de courir à mi-chemin pour reprendre ses forces et pour se remettre de la dure collision qu’il a subie. Entre deux halètements, il déclare :
« Attends, attends… Je reprends mon souffle. » Comme si de rien était, il s’accoude sur sa canne et inspire et expire. Longuement. Longtemps. Sans se soucier du temps qui passe et du surveillant qui le regarde, perplexe.



Abracadabra!

D’un clin d’œil, toutes les lois de la physique sont dévastées. Le last-standing garde se met à voler et s’enfonce dans le plafond. Admirant sa destruction, Renart lève les yeux vers le ciel et remarque que seuls les pieds de son dernier ennemi pendent. Il n’est pas le seul à le voir, car le réceptionniste aussi observe les ruines de ses collègues avec effroi. Comme un lièvre apeuré, il détale… comme un lâche, plutôt. Oui, il détale comme un lâche.

Renart, satisfait, s’arme du téléphone qui traîne sur le comptoir. Tel un hacker de grande renommée, il pianote sur les touches. Il pianote au hasard, mais fait comme s’il savait ce qu’il faisait, ce qu’il ne sait pas. Après maintes tentatives, il réussit à entrer en contact avec tout le bâtiment. Il toussote un peu et entend sa voix à travers des haut-parleurs installés un peu partout. Il hurle : « Alerte à la bombe! Tout le monde à l’extérieur! » Et tout le monde hurle et se rue vers la sortie en espérant ne pas exploser. En moins d’une minute, tous les résidents ont quitté la Tour du souvenir. Profitant du calme, il dépose son parchemin sur le comptoir, regarde paisiblement autour de lui et, comme à l’accoutumé, a un éclair de génie qui lui vient à l’esprit. Pour son président, il écrit cette note :

Très cher Rufus de mon cœur,

Illusiopolis est une cité des plus dangereuses, en effet. J'ai eu l'impression de marcher dans une jungle plutôt que dans une ville, pour totu vous avouer. Les gens abusent des bonnes choses de la vie, mais aussi des mauvaises choses : les coups fusent de tous les côtés, l’alcool coule à flots, on retrouve des marchés noirs un peu partout et, par-dessus tout, je daigne même croire qu’il se trame quelque chose dans les profondeurs de cette ville qui jamais ne fut… Je ne veux pas que vous paniquez, alors je ne vous donne qu'un indice qui vous mettra sur la piste : cela commence par d et... cela se conclut par rogue. Et c’est ce dont je veux vous parler.

Considérez seulement que j’ai une petite idée… Une petite idée qui pourrait rapporter beaucoup à la compagnie. Je vous épargne les détails pour l’instant ou, du moins, jusqu’à ce que mon idée soit un peu plus concrète.

Passez une très belle soirée,
Votre très dévoué, sir Renard Auguste.

Post-scriptum : la Tour du souvenir vous appartient désormais. C’est un lieu fort tranquille.
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Dim 27 Jan - 12:56

« Le Clown beau et le Renard »

La dernière fois qu’il a mis le pied dans cette forêt d’ineptes et d’inaptes, c’était juste avant sa faillite. Juste avant que le destin devienne le pire des connards et qu’il décide de tout retirer à un renard qui ne méritait pas tant de haine et de misère. Bon, vous me direz qu’il le mérite, et je vous répondrai que… Ouais. Vous avez totalement raison.

Renart est donc retourné à la source pour se ressourcer, en fait. Pour voir comment les choses ont évolué depuis qu’il ne possède plus rien et qu’il est considéré comme un simple paysan. Et franchement, sa joie est telle quand il remarque que tout est sans-dessus-dessous! Les habitants sont furieux, l’administration est médiocre et y’a des groupuscules de résistants un peu partout dans la ville qui s’acharnent contre un certain Kefka, un clown pas trop sain d’esprit et pas tellement intelligent. C’est le chaos, ici, et ça lui plaît. Ça lui plaît de voir à quel point il est essentiel au bon fonctionnement de cette communauté d’incapables. Ça lui plait de voir que plus rien ne fonctionne depuis qu’il est parti. Admirer toute cette confusion le rend décidément heureux.

Et heureux, il marche. C’est un peu égoïste et hautain d’agir ainsi devant ce chaos, mais… Non, il n’y a pas de
mais, en fait. Il est clairement égoïste et hautain.

Après avoir déambulé plusieurs minutes avec cette démarche arrogante qui le caractérise et qui fait de lui une figure intergalactiquement reconnue, il décide de retourner sur les (anciennes) terres familiales, sur le lieu même où il remporta/vola/déroba avec bestialité et violence/dansa ses premiers munnies. En cheminant vers sa destination, il est assailli par une ondée de vieux souvenirs qui viennent l’assommer. Il se revoit, dans la force de l’âge, de la beauté, de la prospérité et de la gloire, falsifier des contrats, voler des clients, jouer l’escroc et arnaquer de pauvres gens qui pensaient investir des fonds pour des orphelins malades! Nostalgique, il ne peut empêcher une minuscule larme de perler dans le coin de son œil, une larme de fierté qui vient mouiller le pelage soyeux enceignant son museau… Qu’il est beau quand il a des sentiments!

Épris par des émotions – et Dieu (son père) sait à quel point il considère qu’avoir des émotions est importun, futile et improductif –, il essaie de revenir à la réalité pour voir la réalité en face : il n’a plus rien et il doit travailler pour remplir ses salles du trésor vides. Ainsi, sa mélancolique prend une teinte de ferveur et il marche de plus en plus vite dans la forêt, prêt à reprendre, par la force ou non, les champs de son enfance! Il marche. Il court, presque. Non, il galope dans ses plaines sylvestres avant cette classe qui ahurit tous les passants sans exception! Il est prêt, il est près. Il le sent. C’est maintenant ou jamais et, aujourd’hui, ce n’est pas jamais. Plus rien ne peut l’arrêter!

Plus rien!

Plus rien…

Plus rien, sauf le pied de ce garde.



Quand il reprend conscience, il se rend compte qu’il a un incroyable mal de tête.
« Je suis mort, c’est ça? » qu’il s’interroge en se sentant planer. Autour de lui, des rires se mettent soudainement à fuser dans tous les sens. Paniqué, Renart veut prendre sa canne pour se défendre, son révolver ou, mieux, son courage, mais ne parvient pas à bouger les mains. « Où sont passées mes mains? Qu’on me redonne mes mains sur-le-champ! Ils sont ma propriété. » D’autres franches rigolades viennent tourmenter son éveil. Il essaie de regarder dans les environs, mais constate qu’il ne voit plus. Il est aveugle!« Et rendez-moi mes yeux! Et… Que se passe-t-il? » Que des rires pour réponse, que des rires qui réverbèrent dans la tête de Renart et qui le font frémir un peu plus. Ouais, en effet, on peut à peu près dire qu’il a peur dans l’immédiat, mais chut! N’en parlez pas aux autres, car ça souillerait son blason de tête froide et de créature franchement virile.

Quelques minutes plus tard, voyant que ses cris ne sont pas écoutés et qu’il ne peut fuir (mais fuir quoi?), il décide de se calmer. C’est à cet instant précis que les voix décident de l’informer sur sa situation.
« Alors, très cher monsieur, vous êtes arrêté pour avoir tenté d’assassiner violemment un garde de la légion de son Altesse, Kefka. » Renart ne comprend pas. « Cessez ces balivernes! Je n’ai pas tenté de tuer un garde… En tout cas, pas cette fois-ci! » Les voix rigolent encore et encore. « Vous expliquez tout cela au juge. » Au juge? Tentative d’assassinat? Kefka? Être ou ne pas être? Le sens de la vie?

Tant de questions et si peu de temps pour y réfléchir, car presque instantanément, on le dépose sur le sol et on retire son bandeau. Il n’a même pas le temps de se rendre compte qu’il est enchaîné sur une chaise avant d’entendre une énième voix.
« Mesdames et messieurs, mâles et femelles, veuillez accueillir son Altesse, Kefka, grand juge suprême et régent de cette fabuleuse contrée. » Les gens, présents dans la salle, se lèvent tous sans exception pour acclamer ledit clown. Renart ne comprend toujours pas, mais il faut dire qu’il a arrêté d’essayer depuis belle-lurette. La forêt de Sherwood n’est plus ce qu’elle était depuis qu’il est parti… Il doit la reconquérir!
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Sam 2 Fév - 14:24

Le régent est si… burlesque ! Il marche en gambadant, il parle en rigolant et il danse en s’extasiant. Il est heureux, si heureux… Sa joie de vivre dégoûte Renart. En fait, il en veut personnellement à tous ceux qui réussissent dans la vie, à tous ceux qui grimpent les échelons et qui ne tombent jamais. Il en veut à tous ces gens qui vivent dans le prestige, dans la puissance et la sempiternelle fortune. Il en veut à tous ces quidams heureux… Heureux d’avoir réussi. Et, justement, devant lui se dresse un clown plein de triomphe qui a tourmenté le calme apparent de Sherwood pour en prendre le règne. Kefka… Ce nom lui donne déjà des haut-le-cœur. Il a une sérieuse envie de se défaire de ses liens et de bondir pour lui asséner un coup de canne violent à la tête.

Néanmoins, il ne le fait pas, non pas parce qu’il ne veut pas, mais parce qu’il ne peut pas. Les chaînes qui lient ses pieds et ses poignets lui empêchent de faire le moindre mouvement, lui empêchent de relâcher toute sa colère sur Kefka. Cependant, est-ce mieux comme cela ? Serait-ce ultimement une admiration profonde qui scintille au fond du cœur du Propriétaire ? Sans aucun doute, c’est de la pure et dure jalousie. Surtout dure, en fait.


« Coupable. »

C’est le seul mot qu’il entend. Ce mot a l’effet d’un cyclone pour Renart. Il sent sa haine s’intensifier, son envie de meurtre se décupler, mais, au même moment, il se calme. Il devient quiet, silencieux, on ne l’entend presque plus respirer. Ses lèvres se referment, cachant les crocs méchants qui grelottaient quelques secondes auparavant. Et il sourit. Il sourit avec tant de joie que c’en est effrayant.

« Votre Grandeur, accepteriez-vous de me libérer de ces liens ? demande-t-il en secouant les poignets pour faire chanter les chaînes. Je suis incapable d’argumenter dans de telles conditions. Vos chaînes oppriment mon esprit critique et tous mes jugements. Après tout, même si je décidais de détaler comme un lâche, vous êtes une dizaine de gardes contre moi. Avec tout le respect que je me dois, je n’ai aucune chance contre tous ces légionnaires ! »

Pour conclure sa litanie, il plonge son regard dans celui de Kefka pendant une courte seconde. Y’a presque une étincelle de complicité qui vient s’allumer ! Le clown bondit aussitôt sur une table et donne l’ordre qu’on détache le présumé coupable. Dès qu’il est enfin libre, Renart se lève et s’approche du jury.

« Je vous en remercie. »

Il tourne sur lui-même, cherche quelque chose du regard et s’approche d’un garde. D’un geste brusque, il reprend en sa possession sa canne et s’accoude dessus. Il est enfin prêt à plaider non seulement pour son innocence, mais pour la magnificence du clown.

« Sachez que je suis innocent, votre Altesse, sachez que je suis le plus innocent de tous les innocents ! Je n’ai pas vu votre garde, car j’étais justement en train de poursuivre un aigrefin qui prenait la poudre d’escampette avec la bourse d’un innocent – presque aussi innocent que moi ! J’ai simplement voulu accomplir mon devoir de citoyen et je n’ai malencontreusement pas remarqué la jambe de votre pauvre légionnaire. »

En terminant sa phrase, il fait mine de se retourner et de le chercher du regard. On voit presque apparaître une larme dans le creux de son œil. « Il se porte bien, j’espère ? » La foule est aussitôt attendrie par le personnage si doux et si tendre qu’il est. On aurait envie de le prendre dans le creux de nos bras et de lui susurrer à l’oreille qu’il n’a pas à s’inquiéter et que tout se passera bien !

Dans sa lancée, Renart s’arrête un moment replacer son haut-de-forme, déplacé par tant d’émotions et tant de pathos ! Il continue ensuite de plus belle.


« Mais cessons de parler de moi, parlons de vous ! s’exclame-t-il en déviant légèrement du sujet de conversation initiale pour flatter un peu le clown dans le sens du poil. J’ai connu la forêt de Sherwood lorsque j’étais jeune et j’ai même possédé une bonne partie des terres environnantes. J’étais un fortuné propriétaire, mais vous… Depuis que vous dirigez cette contrée d’une main de velours dans un gant de velours, tout semble se porter à merveille. Je n’ai jamais vu une population aussi heureuse d’accueillir un régent comme vous ! »

Il prend une pause pour reprendre sa respiration. Mine de rien, mentir demande beaucoup d’efforts et de concentration. Il en est presque épuisé. Après tout, un moment de répit entre deux parties de discours ne fait qu’amplifier la beauté de la chose. Quand il se sent prêt à balancer de nouvelles sottises, il s’élance, saute hautement dans les airs et atterrit à quelques pas de Kefka.

« Je suis à l’innocence ce que vous êtes à la gestion d’un royaume ! »

Renart s’approche un peu plus du clown pour lui murmurer à l’oreille.

« Libérez-moi. Nous pourrions faire de grandes choses ensemble. »
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Dim 3 Fév - 11:27

« La barbe vigoureuse »

« Ren— sir Renart, vous revoilà ! »

« Je tiens toujours mes promesses, très cher. Auriez-vous douté de mon verbe divin ? »

« Non, surtout pas, je vous rassure ! »

« Bien, bien. Quel est votre nom ? »

« Caïn. Caïn de Vallaires, fils du feu duc de— »

« Infâme. Votre nom est infâme ! Ça manque de vigueur, de… confiance, d’agressivité ! Non, non, ça ne le fait pas du tout. Vous croyez que ce sera crédible quand vous prendrez d’assaut le Palais des rêves et que vous direz au Prince en personne : “Caïn de Vallaires est dans la place pour vous botter là où le dos perd son nom !” … Non, c’est horrible. Vous serez… Vous serez plutôt… Barbe Vigoureuse ! Oui, c’est beaucoup mieux, beaucoup plus esthétique. »

« Vous êtes sérieux, sir Renart ? »

« Je ne l’ai jamais été autant qu’en ce moment, très cher. Allez, faites-moi visiter un peu les environs. J’aimerais en apprendre un peu sur l’état des lieux, question de vous concocter un stratagème enflammé ! »

« D’accord, suivez-moi. »

« Non, non… Je déteste suivre les gens. Je dirigerai la marche et vous m’expliquerez où nous sommes et ce qui se passe au fur et à mesure qu’on avance, compris ? »

« Si vous le dites. »

« En marche, Barbe Vigoureuse ! »

« »

« Votre nom est fabuleux, j’en suis jaloux ! »

Sir Renart, canne à la main droite, décide de prendre une direction au hasard, s’aventurant dans des lieux qu’il ne connaît que très peu. Rapidement, il rencontre quelques amas de résistants qui, fourches et torches embrasées à la main, scandent des slogans pour le moins haineux.

« Ce sont des résistants, ne sont-ils pas ? »

« Évidemment, sir Renart. Les résistants ont commencé à se regrouper quelques semaines après les premières décisions aberrantes du Prince. Maintenant, ils pullulent dans tout le duché et ne font que crier des injustices pour attirer l’attention du Prince. »

« Et c’est un franc succès, je suppose ? » s’interroge le Propriétaire de la voix la plus sarcastique possible.

« Non. Comme vous l’avez vu – et vécu –, les gardes oppriment chaque action de résistance et s’efforce d’épuiser la population. Nous avons déjà perdu de nombreux résistants qui considéraient qu’une insurrection ne pourrait jamais avoir lieu. »

« Quelle lâche indignité ! »

« Nous nous évertuons pour tenter de garder un maximum de résistants actifs, mais nous ne réussissons pas toujours. Mon groupe reste fervemment actif, toutefois. »

« Votre groupe ? »

« Oui, les résistants sont divisés un peu partout en groupuscules assez indépendants. »

« Je n’ai jamais entendu quelque chose d’aussi absurde, d’aussi grotesque, d’aussi… absurde ! N’avez-vous donc pas écouté mes paroles pleines de sagacité de l’autre jour ? Je disais que la populace de l’empire éloigné d’un continent éloigné d’un monde éloigné s’était unie pour obtenir ce qu’elle voulait : la paix ! Ce n’est pas en vous divisant que— »

« Je suis totalement d’accord, sir Renart, mais certaines personnes sont plus extrémistes, d’autres prônent le pacifisme. C’est difficile d’uniformiser la résistance. »

« Je vois… Ce sera donc au grandiose et fabuleux Renart d’unifier les troupes et de ne faire qu’une seule horde intouchable ! »

« Ce serait un grand pas vers la réussite, j’en conviens. »

« Trêve de bavardages, dirigeons-nous vers d’autres lieux ! »

Renart, accompagné de son fidèle destrier – Barbe Vigoureuse –, quitte cette fois-ci l’orée de la forêt pour s’approcher du château. Il remarque, à quelques pas du palais, un bâtiment fort curieux. Il s’arrête pour se questionner, car on ne marche pas en s’interrogeant, c’est trop dangereux !

« Quelle est cette horrible chose en manque d’architecture ? »

« Les casernes de la légion princière. Je dois dire que c’est le lieu le plus gardé du duché, au-delà même du Palais ! On suppose que c’est là-dedans que sont gardés tous les équipements et toutes les armes des gardes, mais personne n’y est entré, donc personne n’en est certain. »

« Oh ! C’est donc par là qu’on doit passer pour neutraliser tous ces idiots en armure ! »

« Sauf votre respect, sir Renart, ce serait suicidaire. »

« On m’a dit le même avertissement des centaines de fois pour une bonne centaine de raisons différentes, mais, vous savez quoi ? Je suis toujours en vie ! Je suis invincible ! »

« Le vent tournera très bientôt si vous ne faites pas attention. »

« Faire attention, c’est pour les fainéants de première classe, pour les apeurés existentiels et pour les éperdus émotionnellement. »

« »

« Ne vous inquiétez pas pour moi, je m’en sortirai indemne ! »

« Je ne m’inquiète pas pour vous. Je m’inquiète pour la liberté du peuple. »

« Très cher monsieur, fit Renart en empoignant le col de son interlocuteur et en serrant les crocs, oseriez-vous douter de ma confiance et de mes capacités ? »

« Je ne vous connais pas, bien sûr que je doute ! »

« Vous croyez vraiment que je suis assez idiot pour foncer dans ces casernes la tête baissée et sans préparation ? Vous croyez vraiment que je suis aussi imbécile que le souverain à la tête de votre population ? Vous le croyez vraiment ? »

« Je n’en sais rien. »

« Et si j’empoignais ma canne pour vous défoncer le thorax, vous me croiriez ? »

« Non. »

« Et si je dégainais mon révolver pour faire exploser le vénérable crâne qui sert d’habitation pour votre cervelle d’oiseau »

« Encore moins. »

« »

« »

« Bien, bien ! s’exclama-t-il en relâchant sa prise. Première règle dans ce macrocosme de détraqués et d’escrocs et d’escrocs détraqués : ne jamais faire confiance à personne avant quelques bonnes preuves. Vous feriez un excellent stratège. Continuez sur cette bonne voie, très cher. »

« C’était un test ? »

« Entre autres. Allez, au trot, Barbe Vigoureuse ! »

Mais les deux camarades d’infortunes ne gambadent pas très longtemps dans ces champs enchantés, car, quelques secondes plus tard, ils se retrouvent devant la grandeur du Palais des rêves. En chœur, ils s’arrêtent.

« Le Palais des rêves… »

« Oui, c’est bien ça. Ces murs nous séparent de notre affranchissement. »

« »

« Honnêtement, j'ai toujours pensé que le Palais des rêves était intouchable, imprenable, imperturbable. J'ai eu tort. Ça me rend un peu triste de voir à quel point les terres de mon enfance sont dévastées. À quel point il ne reste plus rien de la paix d'antan. À quel point il ne reste plus un once de bonheur. »

« Je permettrai le salut du peuple, ne vous inquiétez pas ! »

« Vous croyez vraiment ? Les gens s'exilent, abandonnent leur résidence pour vivre ailleurs. Ils en ont assez de ce Prince, assez de ses lois, assez du tourment qui hante les environs. J'en ai assez. »

« »

« Vous savez, j'ai un fils à la maison. Un p'tit bout d'homme d'à peine trois ans. Et vous savez quoi ? Il rêve de pouvoir courir dehors et de vivre de grandes aventures dans la forêt, mais il ne peut pas. Si vous saviez comment c'est difficile d'être impuissant et de ne rien pouvoir faire pour faire sourire un enfant. »

« Je suis désolé pour vous », soupire Renart d'une voix si empathique qu'il en est surpris. S'il ne comprend pas l'amour ou l'amitié, il comprend bien une chose : les difficultés qui peuvent obstruer la route d'un père et de son fils.

« Débarrassez-nous du Prince.

« Je ferai de mon mieux, Caïn. »

« »

« »

« On dit Vigoureuse, Barbe Vigoureuse ! »

« »

« Allez, au trot ! Allez nous concocter ce fameux plan infaillible ! »

Renart tire son chapeau, salue son interlocuteur et part, les idées embrouillées, l'esprit tourmenté, les souvenirs bousculés.
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Mérope&Ézéchiel
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Dim 3 Fév - 22:12

« Rufus sans refus ! »

La dernière fois que Renart a été aussi classieux, c’est… ouais, c’était hier ! Il faut néanmoins préciser que, particulièrement aujourd’hui, il est d’une classe incroyable. Il transpire l’élégance, le luxe et l’opulence. Il porte un smoking qui vaut une fortune – qu’il se fera rembourser après l’avoir utilisé en bonne et due forme – et son pelage n’a jamais été aussi soyeux. Il marche dans les couloirs du vaisseau-mère et tous sont immédiatement abasourdis par tant de fabuleuse beauté. Les gens perdent pied, perdent l’équilibre et perdent leur sens ! Y’a même un garde qui a laissé tomber son fusil d’assaut en le voyant arriver. Ouais, ‘faut dire que, ce matin, il est particulièrement impeccable.

Je vois, je vois bien que vos yeux sont plissés par le doute. Je vois toute l’incompréhension qui vous habite alors que vous lisez ces quelques lignes. Ne vous inquiétez pas, j’allume votre lanterne et je vous éclaire un peu plus sur le sujet ! En fait, dans quelques minutes, Renart se trouvera dans l’office même de l’impératif empereur du cartel de la Shinra pour discuter de plans d’avenir. Après tant d’années à toquer à sa porte sans réponse et à voir ses ambitions totalement détruites par Rufus, Renart peut enfin faire valoir ses idées, faire valoir son intelligence infaillible. Et c’est dans un état esprit allègre et béat qu’il se dirige vers ledit lieu de rencontre. Il a peut-être l’air impassible de l’extérieur, mais, à l’intérieur, c’est le chaos ! Autant il est rare que l’angoisse s’empare de lui, autant il stresse, en ce moment, comme s’il allait rencontrer une divinité supérieure. Il doit se calmer.

Paniquer, c’est une réaction faible. Une réaction de poltrons. Et Dieu sait à quel point Renart n’est pas poltron, même qu’il est doté d’un courage incroyable. En respirant silencieusement, mais profondément, il tente donc de reprendre son souffle et d’apaiser son âme tourmentée.

Là-bas, à quelques mètres, se dresse la fameuse porte qui mène vers le bureau du président. Se dressent aussi une bonne dizaine de gardes, armés jusqu’aux cheveux, qui pointent leurs fusils agressivement vers Renart, en plus de le toiser avec des yeux méchants. Il se dit donc qu’il ne doit pas faire de mouvements brusques, au risque de se métamorphoser en passe-thé ambulant (j’aurais aussi pu le comparer avec une passoire, mais ça manquait vraiment de crédibilité). Il demeure donc placide, marche lentement, tranquillement, comme s’il marchait dans un champ de mines et qu’il risquait de mourir à chaque instant (bon, c’est à peu près le cas que vous me direz).

Ainsi… Il arrive. La tête haute, il arrive. Les surveillants le regardent un peu, admirent probablement son costume et son élégance avant que l’un d’entre eux murmure dans sa barbe :


« Déclinez votre identité. »

« Ai-je réellement besoin de présenter le renard que je suis ? » demande-t-il avec une arrogance brisée par une certaine peur, mais surtout une peur certaine.

« »

« »

« … Euh, ouais. »

« Bande d’incultes ! Je suis sir Renart, et j’ai aujourd’hui rendez-vous avec Rufus Shinra, cet homme si puissant. »

« En effet. Vous êtes bien sur la liste, mais on va procéder à certaines mesures de sécurité avant. »

« C’est-à-dire ? »

Un garde le plaque contre le mur et le fouille. Il passe ses mains dans sa chemise, dans son veston et effleure même vers le haut de ses cuisses ! « J’suis pas à l’aise, en fait », que Renart murmure pendant qu’il est violé par toutes ces mains. Après quelques secondes de malaise constant, on lui retire son révolver, sa canne et même son haut-de-forme qui pourrait être considéré comme une arme contondante et un objet potentiellement dangereux pour les voies respiratoires de Rufus. Le Propriétaire n’ose pas trop rouspéter et se contente de se soumettre à ces mesures de sécurité.

Cela fait, il se fraye un chemin parmi les imbéciles sur-armés et entre dans le fameux office du chef de la compagnie. Il ne prend même pas la peine d’admirer l’opulence des lieux pour distinguer presque immédiatement Rufus Shinra à l’autre extrémité de la pièce.


« Comme on se retrouve, monsieur Shinra ! s’exclame-t-il sans attendre. Oh ! et passons les formalités et entrons illico dans le vif du sujet, si le voulez bien… Je suis en fait ici pour vous proposer des plans prometteurs pour le futur de votre influente compagnie. Vous avez reçu la lettre qui introduisait ma perspective, n’est-ce pas ? »

Renart balaye les lieux du regard pour se rendre compte que sa fameuse lettre est bien confortablement assise sur le bureau principal de Rufus. Il en est presque fier.

« Qu’en pensez-vous ? Je pourrais bien divaguer par la parole durant des heures, mais j’aimerais bien connaître vos inquiétudes avant de m’élancer dans une tirade qui pourrait ennuyer l’admirable personne que vous êtes… »

Phase première entamée : cirer les bottes du président pour optimiser les chances de réussite.
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Lun 4 Fév - 13:31

Le chronomètre est enclenché. Renart entend presque les tic-tacs d’une horloge quelconque, mais il ne panique pas ! S’il est maître pour monologuer des heures durant en ayant l’air toujours aussi intéressant qu’au début, il excelle également dans l’art de la synthèse et du résumé. Et, soyons sérieux, on pourrait le diviniser en tant qu’entité du discours. Il enligne la rhétorique, les sophismes, les fausses argumentations, les vérités détournées et les techniques de persuasion sournoises avec tant de crédibilité qu’on a l’habitude de boire toutes ces paroles. Alors, Rufus, viens ! Viens t’abreuver dans la fontaine de vérité du vénérable Renart.

Pour faire changement, et aussi parce qu’on ne change pas de bonnes habitudes, il cherche du regard quelque chose – un objet, une personne, un chaton ou autre corps matériel – sur lequel il pourrait poser ses pieds pendant qu’il discourt élégamment. Malheureusement, rien de très concluant à l’horizon. Il décide donc de garder les pieds sur terre pendant qu’il envoie Rufus au vingtième ciel de ses palabres triomphants.

Trois minutes trois… Ouais. Pour bien faire, il devrait s’activer le plus rapidement possible. Il s’élance donc enfin d’un ton grave plein de gravitude.


« Sauf votre respect, monsieur Shinra, vous n’avez pas du tout à vous inquiéter. Et si je daigne, je dirais même qu’il est foncièrement absurde de s’inquiéter ! Le Palais des rêves est un monde tourmenté, certes, mais il est un monde riche et prospère derrière son apparence délabrée. Le seul élément qui souille le doré blason de cet univers, c’est le Prince; le Prince et rien d’autres ! C’est lui qui dirige la garde, c’est lui prend les mauvaises décisions, c’est lui qui décrète les mauvaises lois et c’est lui qui accable le pauvre peuple miséreux et défavorisé… »

Dans son élan, il bondit de confiance !

« Rufus… Vous permettez que je vous appelle Rufus ? Oh oui, bien évidemment… Donc, Rufus ! Il suffira d’éliminer le Prince de n’importe quelle façon pour que nous puissions retrouver cette paix égarée dans les limbes du temps. Les gens sont exaspérés, attendent un messie qui permettra leur salut… Nous sommes ce messie. Ils sont calomniés par un souverain égocentrique. Quand ils verront arriver les séduisants cavaliers de la Shinra, ils se prosterneront et accepteront de vivre sous votre joug, Rufus. Ils en ont assez. Nous sommes la goutte de bonheur dans cette mare de tristesse, nous sommes la lueur d’espoir dans ces ténèbres, nous sommes… nous sommes la délivrance de ce peuple soumis !

Monsieur... Une fois en votre possession, le Palais des rêves ne ferait qu’augmenter la faramineuse fortune que vous cachez dans votre salle du trésor ! Il suffira de légèrement baisser les taxes et les impôts imposés par le Prince pour que la populace nous propulse leurs munnies au bout de leurs bras ! Il suffira de rénover les ruines qu’a laissées son Altesse pour les voir s’incliner et aduler votre puissance ! Il suffira de leur insuffler l’espoir pour qu’ils soient sempiternellement loyaux à la Shinra ! Faites-moi confiance. Ce n’est pas une proposition que je vous fais, c’est une promesse !

Et, qui plus est, j’ai un plan, un plan infaillible que je défouraille de mon costume sur-le-champ ! Il se divise en trois phases : la prospection – dans laquelle j’attirerai la sympathie du peuple –, le rassemblement – dans lequel je rallierai les troupes pour ne faire qu’une seule unité infranchissable – et l’assaut – dans lequel nous vaincrons le Prince et conquerrons tout le duché, et plus encore ! Ce plan, c’est l’ultime stratagème qui vous permettra d’annexer ce faste territoire à votre cartel, de faire en sorte que le peuple du Palais des rêves soit sous votre domination sans même qu’ils ne se rendent compte. Il est avéré, il est sûr, il ne peut échouer ! J’ai exploré tous les détails, j’ai passé en revue tous les problèmes qu’on pourrait affronter et j’en suis venu à la conclusion que ce plan… est parfait ! En même temps, il faut dire que je l’ai conçu de mes mains et de ma tête, donc…
»

Quelques secondes… Plus que quelques secondes !

« Rufus, je vous connais comme si c’était moi qui vous avais conçu ! Entre vous et moi, on ne peut dissimuler que vous avez une passion certaine pour le pouvoir, n’est-ce pas ? Vous avez repris les rennes de la compagnie de votre père, vous avez étendu votre domination sur toute la galaxie. Vous avez rebâti les vestiges d’Illusiopolis pour en faire une cité animée et pleine de vie ! Eh bien, Rufus, avec ce plan, je vous propose de doubler votre puissance, de tripler votre influence et de décupler votre fortune ! »

Coup de grâce, il lève son chapeau très haut !

« N’oubliez pas… La fortune sourit aux plus audacieux. »
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Jeu 7 Fév - 21:01

S’il y a bien une chose que Renart déteste dans la vie, ce sont les jungles. Il déteste aussi les hommes riches, les chatons, les sans-cœurs, les soirées qui s’éternisent, les gens qui parlent trop, la marche en montagne, les sports d’hiver, les chatons, les nœuds papillon démodés, la lavande, l’eau tiède, les oiseaux qui chantent le matin, les mercredis, les nombres premiers, les plages, les vins de mauvaise qualité, les chemises froissées, la vie, les sans-abris, les gens qui respirent trop fort, les haricots et les chatons, mais plus particulièrement (!!), il déteste les jungles. L’humidité qui te colle à la peau, les racines sournoises qui se placent devant tes chevilles pour te heurter et les bêtes sauvages un peu trop bestiales qui n’hésitent pas à te dévorer… Dieu qu’il en a horreur.

Illusiopolis, c’est aussi une jungle; une jungle qui jamais ne fut. Trop de personnes, pas assez de bonnes manières. Trop d’action, pas assez de calme. Trop de vulgarités, pas assez de respect. En fait, la dernière fois qu’il a mis le pied ici, il a regretté chaque seconde de son périple, en ayant presque envie de mettre violemment fin à ses jours en se tranchant la jugulaire sur la place publique. Il s’était donc dit de ne plus jamais y retourner – sauf pour de très bonnes raisons –, et voilà que notre très cher président a pris la judicieuse décision de le renvoyer dans ce monde de fous…


« … Saligaud de président ! », qu’il se dit en atterrissant à Illusiopolis, déplorable sourire fendu jusqu’aux oreilles.

Et ce n’est guère tout, lecteur ! En plus de devoir retourner dans cette insanité urbaine, il doit le faire… accompagné. À deux. En duo. Avec un autre employé de la Shinra… Rufus veut sa mort ? Tout le monde sait – oui, même toi ! – à quel point Renart déteste le travail d’équipe (par travail d’équipe, je n’entends évidemment pas toutes les fois où il s’est allié à un ou plusieurs individus le temps d’une mission pour ensuite les poignarder psychologiquement une fois qu’ils avaient le dos tourné). Il aurait ainsi préféré œuvrer seul et accomplir cette expédition avec toute son élégance solitaire, mais on… Par Dieu ! Il regrette déjà la tournure cette pénible maison.

« Si le paiement est divisé, je zigouille Rufus avec ma canne ! », soupire-t-il en cherchant du regard son fameux binôme.

Binôme qu’il ne trouve pas du premier coup d’œil. Il sait un peu à quoi il ressemble, à peu près, très approximativement. Un homme dans une combinaison armé comme cent hommes avec un chien robotique qui parle. Un type totalement normal, quoi. Impatient, Renart patrouille donc dans toute la station à la recherche dudit personnage, qu’il croit apercevoir dans un recoin plutôt sombre du hangar. Il s’en approche et prononce les quelques mots prévus pour conserver le secret de la rencontre !


« La cité de Thèbes n’est plus ce qu’elle était depuis que l’empereur a… »

Il s’arrête en constatant que le processus est fort inutile.

« Au diable les procédures ! Sullivan, n’est-ce pas ? Mes instincts bestiaux ne me trompent jamais ! Je dois avouer que je ne suis pas tellement enchanté de vous rencontrer, mais nous ferons comme si, continue-t-il en tendant sa main droite. Je suis sir Renart, enchanté de vous rencontrer. Vous allez bien ? »

Je le vois dans tes yeux, je vois que tu penses que le Propriétaire assez suspect aujourd'hui ! Je le vois dans tes sourcils bondés de perplexité et dans ton demi-sourire désorienté ! Eh bien, Sherlock, ton esprit de déduction est incroyable : Renart est en effet de mauvais poil, de très mauvais poil.

« Sauf votre respect, je n’en ai rien à faire de vos humeurs du jour. Si vous le voulez bien, commençons immédiatement. J’ai d’autres chatons à fouetter. »

... Tant de douceur !

Dans cette optique, il s’avance un peu au hasard dans la ville, empruntant des avenues aléatoirement. Sans se perdre, il prend des détours considérables, mais fait mine d’être confiant. Il n’a pas tellement envie d’avoir l’air d’un pauvre inapte devant ce bonhomme en combinaison. Alors, il entame la discussion en parlant de stratégie, c'est-à-dire toutes les tactiques qui permettront à Renart d'achever cette mission et de pouvoir reprendre le chemin de son lit !


« Vous êtes stratège ? J’espère bien qu’oui. En dépit de l’esprit infaillible qui me caractérise, je dois dire que je ne sais pas trop comment appréhender cette mission. »

En terminant sa phrase, Renart baisse les yeux vers le clébard mécanique... Je t'épargne les détails de ce qu'il pense.
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Ven 8 Fév - 19:12

Un type en combinaison qui se la joue. Un chien robotique à la démarche clairement attardée. Une mission inintéressante à souhait. Et une cohue urbaine bondée d’idiots. Conclusion : du temps perdu, que du temps perdu ! En marchant vers ledit quartier, Renart a l’impression de dilapider des secondes bien précieuses et, donc, des munnies à profusion. Il pourrait faire tant de choses, comme voler les riches pour distribuer leur argent dans ses salles du trésor, ou braquer une banque avec sa canne, ou encore arnaquer des pauvres gens pour leur soutirer de tendres montants ! Il pourrait faire tant de choses, mais pas ça… Qui plus est, cette misérable cité est irrécupérable. Elle est jungle et restera jungle. C’est peine perdue d’essayer vainement de la remettre sur le droit chemin. Les ivrognes le seront éternellement et les imbéciles aussi ! À quoi bon tenter ?

Et, alors que Renart pensait avoir effleuré le fond du baril, voilà que monsieur j’suis-meilleur-que-toi-et-je-porte-un-masque-pour-faire-genre (par le fait même, il est tout de même intéressant de constater à quel point Renart déteste son camarade d’infortune pour son arrogance et que, au bout du compte, il l’est autant et sinon plus !), donc voilà que le dénommé Sullivan entre dans un monologue monocorde et monotone. Il débite des stratégies quelconques, décrète qu’il préfère la discrétion, propose de monter sur les toits… Et blabla ! Bref, des trucs qu’il ne Un type en combinaison qui se la joue. Un chien robotique à la démarche clairement attardée. Une mission inintéressante à souhait. Et une cohue urbaine bondée d’idiots. Conclusion : du temps perdu, que du temps perdu ! En marchant vers ledit quartier, Renart a l’impression de dilapider des secondes bien précieuses et, donc, des munnies à profusion. Il pourrait faire tant de choses, comme voler les riches pour distribuer leur argent dans ses salles du trésor, ou braquer une banque avec sa canne, ou encore arnaquer des pauvres gens pour leur soutirer de tendres montants ! Il pourrait faire tant de choses, mais pas ça… Qui plus est, cette misérable cité est irrécupérable. Elle est jungle et restera jungle. C’est peine perdue d’essayer vainement de la remettre sur le droit chemin. Les ivrognes le seront éternellement et les imbéciles aussi ! À quoi bon tenter ?

Et, alors que Renart pensait avoir effleuré le fond du baril, voilà que monsieur j’suis-meilleur-que-toi-et-je-porte-un-masque-pour-faire-genre (par le fait même, il est tout de même intéressant de constater à quel point Renart déteste son camarade d’infortune pour son arrogance et que, au bout du compte, il l’est autant et sinon plus !), donc voilà que le dénommé Sullivan entre dans un monologue monocorde et monotone. Il débite des stratégies quelconques, décrète qu’il préfère la discrétion, propose de monter sur les toits… Et blabla ! Bref, des trucs qu’il ne vaut même pas la peine de ressasser. Cependant, Renart doit avouer que, au fond de cette fastidieuse tirade, se cache un fond de cohérence qui pourrait être exploité…


« Par les toits, vous dites ? J’ose donc croire que derrière ce masque d’imbécile se cache une forme d’intelligence quelconque… »

C’est là qu’il se dit qu’il devrait cesser d’être aussi fermé d’esprit et mesquin, car son interlocuteur n’est pas aussi inepte qu’il le croyait initialement…

« Saisissant, stupéfiant ! »

C’est aussi là qu’il décide d’abandonner ce projet.

« Puisque vous semblez à l’aise sur les toits – et puisque je serai à l’aise lorsque vous serez loin de moi (sans offense !) –, allez donc. Trouvez ledit lieu et avertissez-moi dès que c’est le cas. Je m’occuperai de les distraire au sol pendant que vous souillez vos mains pour moi. »

Renart baisse une fois de plus les yeux vers l’amas de fils et de pièces de métal qui se trémousse à ses pieds. En fait, il a envie de dégainer son révolver et de lui tirer dans la tête pour abréger toutes les souffrances qu’il vit. Parce que clairement, ce chien ne doit pas être bien heureux de se voir tous les matins dans le miroir, le pauvre !

Ainsi, après avoir contemplé la pauvre bête en agonie, il relève le regard et suppose.


« Je garderai votre semblant de canidé mécanique avec moi. Il doit bien y avoir une fonction de communication à distance sur ce truc ? Sinon, je vous annonce officiellement que vous trimballez avec vous le truc le plus superfétatoire qui soit ! »

Il prend une pause.

« Et ne jouez pas au héros. Je n'en ai rien à faire de vos principes. Votre acuité et votre agilité à manier vos armes à feu ne m’importent peu. Attendez que je les aie distraits avant de vous élancer. Je retirerai mon magnifique haut-de-forme quand vous pourrez les assaillir, les perforer de mille les balles, les brûler et les décapiter en bonne et due forme. Pas avant ça. »

Dans toute sa majestueuse stature, il prend une orientation au hasard – probablement pas la bonne.

« Et si jamais vous daignez m’atteindre de l’une de vos balles, je viendrai vous hanter pour vous stranguler dans votre sommeil avant de vous éviscérer et de balancer vos organes du bout de mes bras. »
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Dim 17 Fév - 13:25

« Bladewolf, tu fais ce qu'on a prévu et ensuite tu actives le camouflage et tu vas au point Tango. »

« Entendu. Pendant ce temps, je me rends au point Salsa pour les distraire. »



Renart regarde son très cher camarade d’un air subtilement exaspéré alors qu’un soupir éternel s’échappe de sa bouche. Il se retourne avant même que Sullivan n’ait le temps de terminer ce qu’il a à dire, se dirigeant vers ce qui semble être le bâtiment dans lequel sont confinés les vils flibustiers d’Illusiopolis. Cependant, en marchant, il se rend compte qu’il ne sait toujours pas où il se trouve et comment s’orienter vers sa destination. Il s’en rend compte, mais fait mine de ne pas le savoir ! Il se la joue Indiana Jones, mais en fait, il n’en sait rien. Ah et puis zut ! Sullivan paraissait si confiant; il pourra se débrouiller seul.

Alors que le Propriétaire est sur le point de capituler, il aperçoit le chien déficient à quelques pas de lui. Il apparaît un instant, mais devient aussitôt invisible. Renart, usant de sa fabuleuse intelligence, décide de suivre cette direction et n’est-il pas heureux quand il distingue au loin un bâtiment correspondant aux photographies qu’on lui a données pour cette mission ! À l’intérieur, il est heureux et son cœur se débat de joie, mais à l’extérieur, on ne distingue que la prétention, un visage qui dit : « Admirez-moi, je suis parvenu à ma destination sans savoir par où aller ! » Sacré Renart, peu importe ce qu’il fera, peu importe quel idiot il sera, il réussira toujours ! Le pauvre, il est perpétuellement victorieux !

Il lève les yeux vers le ciel, non pas pour admirer les étoiles, mais pour voir où en est rendu le très admirable Sullivan ! Il croit apercevoir du mouvement sur l’un des toits au loin. Il pourrait agir, il pourrait courir à la rescousse de son collègue, mais n’en a pas envie.


« Alors, on fait quoi, maintenant ? »

Il regarde la porte du bâtiment avec lassitude. De l’autre côté, de bonnes dizaines d’hommes doivent attendre que leur arrivée. Il se dit qu’il pourrait très bien charger dans le tas, mais il n’a pas non plus envie de salir ses vêtements. Le sang est difficile à nettoyer, vous savez. Il opte donc pour la solution tactique par excellence, le stratagème infaillible, le plan de la mort qui lui permettra de tout réussir en moins de deux : sa voix ! Ses paroles ! Son cœur !

Il ne lève pas son chapeau. Il n’avertit pas Sullivan. Il ne fait qu’entrer à l’intérieur. Il traverse un premier portique, mais deux gardes en costard surveillent l’entrée. Ils ont tous les deux en main un doux fusil à impulsion, arme à feu qu’ils braquent en direction de Renart en le voyant arriver.


« On se calme et on respire, très chers. Je suis simplement et gentiment venu discuter avec le chef de votre bande. J’ai une proposition à lui faire. »

Les gardes se regardent ! Ils murmurent quelques mots dans une autre langue que ne Renart comprend pas. L’un d’eux appuie même sur son oreillette pour entrer en contact avec un autre individu.

« Non, je ne suis pas armé, soupire le Propriétaire en voyant les gardes le regarder avec appréhension. Vous n’avez qu’à me fouiller, si vous le désirez. »

Pendant que les deux gardes s’approchent, Renart empoigne subtilement son révolver et le lance à l’avant, de l’autre côté de l’entrée. Le fusil glisse silencieusement sur le sol et termine sa culbute un peu plus loin dans le hall d’entrée. Les surveillants ne trouvent ainsi rien de dangereux sur l’aristocrate animalier. Quelle intelligence !

« Suivez-moi, monsieur. Vous avez deux minutes. »



« Deux minutes, pas une seconde de plus. »

Ensemble, ils traversent le hall d’entrée. Comédien dans l’âme, Renart trébuche faussement sur le pied d’une des armures à glace et fait quelques cabrioles avant d’atterrir tendrement sur son révolver. Il gémit comme un dieu de la tragédie et récupère son arme à feu, l’insérant dans l’encolure de son costume. Il se relève facilement, mais difficilement et reprend sa route en faisant mine de tituber.

En claudiquant tel un pirate avec deux jambes de bois (!), il atteint finalement le bureau du chef de la bande. Pendant qu’il traverse le seuil de l’office, il se demande momentanément comment Sullivan s’en sort à l’extérieur, mais se rend compte que ça lui importe peu. Il se met donc à penser à sa propre grandeur, comme il le fait usuellement.


« Chef, on vous le laisse. On est juste à l’entrée si vous avez besoin de quoi que ce soit. »

Le chef de la bande, un homme dans la force de l’âge et de la moustache, se met à rire.

« Deux minutes, pas une seconde de plus. »

« C’est plus que ce qu’il me faut ! s’exclame Renart en s’approchant de son interlocuteur et en lançant un regard furtif derrière lui pour être certain que les surveillants sont sortis. Mon bon monsieur, j’ai une proposition à vous faire… »

« Déclinez votre identité. »

« Sir Renart Auguste, vingt-troisième du nom ! Illustre propriétaire, fabuleux aristocrate ! Que dire de plus ? »

« … Allez-y. »

« N’y allons pas par quatre chemins. Je suis venu ici vous parler… d’affaires. J’œuvre pour la Shinra – je suis vice-président de la compagnie, même si, officiellement, Rufus est soumis à une acédie perpétuelle qui m’oblige à faire tout ! – et si je suis parvenu jusqu’à vous, c’est pour vous faire une proposition. Nous avons remarqué votre prédominance des dernières semaines sur ce quartier d’Illusiopolis. Nous sommes en fait très impressionnés par votre gouvernance aussi prompte et aussi efficace ! »

« Ne me flattez pas. Je n’en ai rien à faire de vos beaux mots. »

« Ainsi, comme je le disais avant que vous ne m’interrompiez, nous sommes très impressionnés ! Tellement impressionnés que nous aimerions utiliser vos services… autre part. »

« C’est-à-dire ? »

« La Shinra n’aime pas qu’on joue dans ses platebandes, susurre Renart en dégainant son révolver et en appuyant le canon sur la tempe de son interlocuteur. Vous quittez ce quartier ou on vous fait affablement partir. »

« Vous croyez que -- »

« Je ne crois pas. J’en suis certain. Dites à vos hommes de partir immédiatement. Nous vous demandons de nous laisser ce bâtiment et ce quartier. »

« Je refuse ! »

« Vous en êtes sûr ? »

« Je refuse ! », répète le moustachu d'une voix tremblante.

« Dommage. Vous auriez fait un excellent stratège pour la Shinra ! »

Une détonation et une âme de moins dans la jungle qui jamais ne fut ! Renart se dirige vers le bureau du feu chef de la bande et empoigne un microphone ! Il psalmodie quelques vers de victoire avant d’annoncer :

« Bandes de néophytes ! Votre chef n’est plus. Quittez ce bâtiment et ne revenez plus. Vous avez trois minutes pour partir, sans quoi on vous fera partir. Et je ne vous garantis pas que ce soit doux. »

Le Propriétaire se relève satisfait et sort du bureau, traînant le corps du chef derrière lui. En marchant, cadavre à la main, il remarque que la plupart des filous désertent, effrayés par son machiavélisme ! Cependant, quelques résistants refusent de laisser un renard à nœud papillon agir ainsi ! Ils sont au moins cinq à braquer leur fusil et à se ruer en sa direction. Renart, relâchant la dépouille dotée d'une pilosité faciale douteuse, court du mieux qu’il le peut, esquive les balles et quitte finalement le bâtiment.

Une fois à l’extérieur, il retire son haut-de-forme, le lance haut dans les airs en s’exclamant :


« Prouve-moi que tu n’es pas incompétent, Sullivan ! »

Renart, ayant rattrapé son chapeau, continue de courir, évitant la mort à chaque seconde. Qu’il est classe quand il détale !
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Mérope&Ézéchiel
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Lun 18 Fév - 16:58

« Bien le bonsoir, très aimables collègues ! Si je vous ai réunis ici, en cette soirée pour la moins étoilée, ce n’est point pour rien. Comme le vénérable Rufus vous en a probablement parlé, la compagnie est actuellement en processus d’accaparation du land du Palais des rêves. Je pourrais bien évidemment faire l’éloge de ce monde durant des heures et des siècles, mais je comprends que tout cela ne vous importe que très peu. Vous êtes des hommes de main, pas des hommes de tête – à en voir vos démarches et votre façon de vous tenir en public, on le voit très bien. Sans offensive, évidemment ! Quoi qu’il en soit, passons immédiatement au point principal ! »

Ils sont une vingtaine à écouter Renart parler. Et quand je dis « écouter », c’est à prendre au sens large. La plupart d’entre eux espèrent déjà la fin de ce briefing, pour ne pas dire tous. En fait, pour vous mettre un peu en contexte, tous ces mâles en chaleur sont des miliciens de la Shinra qui agissent comme les hommes de main dans la compagnie. Ne leur demandez pas de construire un meuble ou de dessiner un poney (!!), ils ne sauront vous aider. Ils n’ont aucun talent manuel et ils ne connaissent probablement pas la définition du mot art ! Cependant, si vous leur demandez de taper aléatoirement sur des gardes aléatoires au Palais des rêves, voilà que leur visage impassible se nuance de joie et d’exaltation.

Ah ! ces mâles testostéroneux à souhait… Qu’ils sont idiots, mais comme ils sont utiles ! Même que Renart serait prêt à avouer qu’ils sont essentiels au bon fonctionnement de cette mission. Sans eux, il devient beaucoup plus difficile de détourner l’attention de la légion princière.

Ainsi, ils regardent tous Renart qui, debout sur un bureau, fait dansotter sa canne dans sa main. Remarquez d’ailleurs que lorsqu’il parle, il essaie toujours de grimper sur un objet, un meuble ou un animal. En effet, de cette façon, les gens qui l’écoutent le contemplent en contre-plongée, ce qui lui octroie une puissance immédiate ! En s’élevant ainsi, il passe de simple quidam au pelage roux à grand renard impérial à la fourrure soyeuse et magnifique. Même que ça engendre le respect chez les auditeurs. C’est une technique toute simple héritée de son père qui, heurté par un complexe d’infériorité – le pauvre mesurait à peine un mètre quarante ! –, devait toujours trouver un piédestal pour discourir adéquatement.

Bref, nous errons ! Concentrons-nous plutôt sur la bande de barbus qui font mine d’écouter Renart.


« Le groupe sera scindé en quatre groupuscules. Pour les plus imbéciles d’entre vous, notez que vous formerez donc quatre équipes de cinq individus ! Je crois que Rufus s’est déjà chargé de déterminer les généraux de chacune de ces armées, n’est-ce pas ? »

Quatre hommes lèvent automatiquement la main, comme prêts à s’élancer sur le champ de bataille. Le premier est un homme plus large que grand. Il doit peser au moins une tonne (ou plus). « Vous serez Robustesse Légendaire ! » que Renart s’exclame en le pointant. Le deuxième, quant à lui, est un hybride entre un homme et une blessure. En effet, son visage est recouvert de cicatrices, de balafres et de plaies de toutes sortes. « Vous serez Roc Inusable ! » Le troisième est vêtu comme un pirate, à un tel point que c’en est presque ridicule. Renart s’esclaffe même en constatant qu’il ne possède non pas, pas deux, mais trois perroquets. « Vous serez… Tourment Céleste ! Ne cherchez pas le lien, car il n’y en a pas ! » Le dernier et non le moindre est un homme à la peau obscure, au regard méchant et aux crocs affutés. Il est tellement viril qu’il ne respire pas; il grogne ! « Et vous, et vous… Vous serez Virilité Ténébreuse ! » Sur ces beaux mots, Renart lève le menton bien haut; il est satisfait, très satisfait.

Alors, il s’accroupit un instant pour contempler une carte posée sur le bureau. Après plusieurs pénibles secondes de réflexion, il se relève et, triomphant, déclare :


« Robustesse Légendaire, vous établirez votre camp à l’orée de la forêt. Vos hommes seront responsables de la sécurité de tous les résistants ! Si un garde s’approche trop près d’un protestataire, faites en sorte qu’il s’éloigne assez promptement. Votre travail est indispensable, puisqu’il permettra aux résistants de hurler comme bon leur semble !

Roc Inusable, vous vous installerez à l’arrière du château. Vous assurerez la défense de chacun des campements. En fait, vos hommes seront dispersés un peu partout sur le territoire du Palais des rêves pour garantir la protection des installations miliciennes. Si une simple tente est assaillie par un garde, je n’hésiterai pas à vous châtier de plusieurs coups de gourdins à la tête ! Ne prenez pas votre travail à la légère !

Tourment Céleste, quant à vous, votre drôle d’accoutrement attirera certainement les regards des gardes. Pour éviter qu’on vous aperçoive, vous établirez votre campement à quelques pas du hangar de la compagnie. Surveillez chacune des entrées et n’hésitez pas à interroger les individus louches qui daignent fouler notre land. D’ailleurs, je suppose que vous étiez un pirate dans une autre vie ? Eh bien, relâchez le côté flibustier qui sommeille en vous pour repousser chacun des corsaires qui osent pénétrer le duché.

Virilité Ténébreuse, vous vous rendrez en plein cœur des bois pour faire vos installations. Votre labeur peut sembler un peu ridicule, mais elle est essentielle, significative, cruciale au bon fonctionnement de l’assaut ! En fait, vous vous occuperez de la chasse et de ravitailler les autres campements, en plus d’annihiler toutes les forces ténébreuses qui daignent s’avancer dans la forêt. Soyez fort, soyez grand ! Vous effaroucherez même les loups les plus bestiaux avec vos crocs !

Allez, au galop ! Faites-moi honneur.
»

Les hommes s’exécutent. En les voyant partir au trot, il se dit qu’il fait un sacré général d’armée. Bon, en même temps, cela ne le surprend pas vraiment : il est si polyvalent et infaillible, ce cher Renart ! Pourquoi être modeste quand on a tous les talents ?
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Mar 19 Fév - 19:14

Oh ! Que c’est mignon ! L’effroyable et terrible homme masqué de la Shinra joue au héros et ose s’en prendre à quelqu’un de plus grand que lui. Il semble refuser de se soumettre à la puissance et à l’avéré génie de l’aristocrate le plus reconnu de l’univers galactique et intersidéral… Le pauvre, il devra un jour ou l’autre voir la réalité en face. Quant à Renart, il se contente d’écouter les « menaces » de son camarade, mais ses mots n’ont l’effet que d’une brise innocente à ses yeux. Il ne les écoute même pas; il n’en a absolument rien à faire de l’opinion d’un pauvre type qui se prend pour quelqu’un d’autre (non, taisez-vous ! Renart est un être très authentique !).

Quand la fastidieuse tirade de Sullivan tire à sa fin et que ce dernier relâche sa prise, Renart n’a qu’une seule envie : partir, détaler, décamper, s’enfuir, non pas de peur ou d’effroi, mais plutôt par grande lassitude. Cette mission s’est éternisée beaucoup trop longtemps (!!) et la fatigue commence à s’emparer de son corps. Il est trop blasé pour participer à ce duel si quelconque et sans intérêt.

De l’autre côté, ce n’est pas le désir de lui foutre une raclée qui manque ! En fait, Renart aurait bien envie de prendre sa canne et de marteler son très cher collègue de tous les côtés pendant quelques siècles, de façon à le voir souffrir dans d’atroces souffrances. Son attitude le répugne tellement qu’il se dit que la violence pourrait permettre d’extérioriser tout ce dégoût qui l’habite. Il hésite donc ! Il hésite beaucoup ! Il hésite tant qu’il soupire et décide de dialoguer un peu :


« Sullivan, Sullivan, Sullivan… Tu es un homme si intrépide, si impitoyable, si cruel. Je m’incline devant ton impassibilité et ton invulnérabilité, je m’incline. »

Ne mentez pas, avouez que vous êtes étonnés par la tournure des événements ! Renart vient de concéder à un rival certaines qualités. Il est fou ? Que se passe-t-il ?! Ne vous inquiétez pas, il n’a pas encore relâché son ultime mot.

« Néanmoins, qu’il commence en mettant l’accent sur ce premier terme, tu devrais savoir qu’une telle barbarie ne résout rien. Tu pourrais m’occire, certes, mais tu ne te sentirais guère mieux. Je dois te dire : ce n’est point moi le problème dans toute cette histoire, c’est toi. Si tu m’envoyais ad pares, tu ne ferais qu’amplifier le lourd lest qui charge tes épaules. Ta conscience est déjà souillée, maculée; la salir encore un peu plus ne ferait qu’intensifier tout le mal-être qui t’habite. »

Rabaissez ce sourcil suspicieux sur-le-champ ! Je sais pertinemment que Renart a une conscience aussi chargée, mais la grande différence, c’est qu’il est purement et durement égocentrique. Sullivan n’est pas aussi impassible qu’il en a l’air, lui.

« Tu portes un masque. Tu as peur de ton identité, de ta véritable personne. Ne viens pas me faire la leçon sur mes actes alors que tu réprimes les tiens. Tu regrettes tellement, tu as tant de remords. C’en est ridicule, Sullivan. »

Renart s’approche de son interlocuteur. Il n’a pas peur. Il sait qu’il n’attaquera pas. En fait, le Propriétaire adore débiter tous ces propos insipides sur un homme qu’il ne connaît pas. Il joue la carte du renard qui a le cœur pur, mais en fait, il est pire que Sullivan. Ce qui distingue l’un de l’autre, c’est que l’un a une conscience et l’autre n’en a pas. Renart n’en a pas.

Mais que c’est amusant ! Continuons, continuons sans attendre !


« Ce n’est pas en me défiant ainsi que cela fait de toi un homme courageux, hardi ou foncièrement brave. Les plus courageux d’entre nous sont ceux qui émergent de l’adversité sans brandir les poings et qui sont capables de se présenter sous leur vrai jour. À mes yeux, tu n’es rien, Sullivan. Tu es l’ombre d’un guerrier. Tu n’es qu’un robot qui obéit. Tu n’es que le reflet d’un homme qui n’est plus. »

L’aristocrate s’approche encore un peu plus, dans une démarche si lente que c’en est absurde. Il reprend son révolver sous l’œil probablement agressif de Sullivan et le range aussitôt. Il revient sur ses pas, s’avance vers l’homme masqué, à un tel point que le bout de ses orteils effleure presque les siens. Il chuchote :

« Quand tu trouveras une raison valable pour un tel duel, reviens me voir. Nous organiserons alors un véritable tournoi sous le soleil couchant et dans des conditions bien plus favorables. Nous inviterons même plein de convives, si tu le désires. Mais pas maintenant. Tu n’en as pas vraiment envie. Ce n’est qu’une impulsion de rage. Nous ne nous apprécions pas l'un l'autre, c'est un fait, mais tu es mené par une misérable impulsion. Apprends à te maîtriser. »

Au même moment - fabuleux coup de théâtre ! -, Renart prend son élan et assène un coup de poing violent au visage de Sullivan. « Ça, c’est de la part du clébard. » Sans attendre une seconde de plus, il se concentre, frôle la tête de son interlocuteur pour lui infliger de douces céphalées qui le retiendront un moment. Pendant que Sullivan se remet de ses émotions, Renart se dirige déjà vers le hangar. Adieu, Illusiopolis ! À jamais, espère-t-on!


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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Sam 23 Fév - 11:06

Quand le hasard flirte avec la destinée, il arrive parfois que l’amour décide de s’en mêler. Dans cette douce fable du clown beau et du renard, Renart est le hasard – un sublime hasard arborant un haut-de-forme d’une qualité phénoménale –, Son Altesse Kefka est la destinée et le royaume de Sherwood l’allégorie de l’amour ! Tous les éléments sont présents, tout est parfait. La vie fait bien les choses, parfois, oh ! qu’elle fait bien les choses…

« Touche mon cœur, décoche une flèche de Cupidon en me chantant une chanson ! Si ta fourrure soyeuse, douce, confortable et à la mode se rapporte belle et bien à ton ramage... Je te nomme conseiller du Régent ! »

Conseiller du Régent ! Ce n’est pas aussi élégant et glorieux que grand souverain ou empereur, mais c’est déjà mieux que… commandant de la Shinra. On lui offre une fonction tout de même prestigieuse sur un plateau d’argent, alors pourquoi passer à côté d’une telle opportunité ? Pourquoi ne pas ouvrir cette porte qui pourrait le mener vers des collines d’or et de joyaux, vers une notoriété éternelle et vers une puissance si grande ? Pourquoi, hein ? Pour rien au monde. Renart ne déclinerait une telle offre pour rien au monde.



Bon, je vous arrête immédiatement ! Je sais que vous allez me dire que ce n’est pas encore gagné, mais vous vous trompez, très chers lecteurs perplexes des vertus infinies de Renart ! S’il y a bien une chose dans laquelle il excelle, c’est bien la flatterie. Et s’il y a bien une chose que cet étrange clown désire, c’est d’être flatté. Ô destiné ! Comme tu es charitable aujourd’hui !

Ainsi descend-il de son piédestal pour s’agenouiller devant Kefka. Enfin, « s’agenouiller » au sens figuré, ne soyons pas ridicules ! Renart ne s’inclinerait même pas devant Dieu. Soit, d’un ton qui ferait même frémir un sans-cœur, il s’élance :


« Vous êtes un phœnix, Votre Altesse; en fait, tout ce que vous touchez devient phœnix. Il n’y a guère longtemps, le land désolé de Sherwood n’avait plus d’espérance. Même les plus optimistes étaient fatalistes en regardant cette déplorable contrée perdurer à l’abandon. Désespoir, tristesse et calomnie, rien d’autre ! Puis vous êtes venu et vous avez survolé ce territoire tel un phœnix. Sherwood renaît de ses cendres. Vous êtes un thaumaturge ! »

Renart se retourne un moment, lève sa main gauche bien haut et d’un geste prompt, il détache le trône du sol, situé au fond de la pièce. Le siège virevolte dans les airs un bon moment alors que le Propriétaire enchaîne les sorts de vent comme un authentique mage pour permettre au trône de se poser en douceur sur le sol. « Asseyez-vous, je vous prie », qu’il suggère en effectuant la plus exagérée des révérences. Et il continue, car nous n’avons pas une seconde à perdre !

« Je sais reconnaître un bon souverain lorsque j’en aperçois un, et croyez-moi sur parole, vous faites partie de ceux-là ! Loin de moi l’idée de vous cajoler de mille et un compliments, mais je tenais tout de même à le préciser. »

Renart s’approche de son interlocuteur en gambadant. Il replace lentement le col de Kefka.

« Trêve de flatteries, allons ! Je ne vais pas vous flagorner sempiternellement et faire l'éloge de toutes vos vertus, car nous ne seront pas partis d’ici avant l’apocalypse. Parlons plutôt de ce qui nous intéresse, vous et moi. Parlons de… votre grandeur. »

Il s’arrête pour intensifier le suspens, le thrill, le désir !

« De mon manoir, j’ai eu vent de quelques-uns de vos hauts faits. En fait, malgré tout le respect que je dois à ma personne, je jalouse vos exploits, votre splendeur, votre invulnérabilité. Mais croyez-moi, pour avoir déjà tenté l’expérience dans un passé plus ou moins éloigné, vous ne pourrez y arriver seul. Vos compétences sont infinies, mais même l’infini a une limite. »

Le moment est fort ! Le moment est grand !

« Prenez-moi sous votre aile. Je serai l’esclave de vos plus fastidieuses volontés. »

Le moment est intense ! Le moment est fabuleux !

« Vous êtes sublime, vous êtes imbattable ! Vous êtes glorieux, vous êtes puissant ! Mais à deux, nous pourrions effleurer l’invincibilité. À deux, le champ des possibilités se décuple. »

Le moment est parfait !

« Ne titubez pas une seconde de plus. Je suis l’homme qu’il vous faut, l’intelligence essentielle à la régence de ce royaume, le stratège dont vous avez besoin ! Ne doutez pas de mes habiletés, et encore moins de ma cruauté. Envoyez-moi, envoyez-moi en mission. Donnez-moi une chance de vous prouver que je suis apte à répondre à vos besoins. Faites-moi confiance l’espace d’un instant. Vous ne serez point désappointé. »

Renart cesse de parler. Il attend les paroles du clown. Il attend le fromage qui déferlera de son bec ébahi. Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute, parait-il.
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Dim 24 Fév - 16:19

La réponse de Sullivan heurte l’orgueil de Renart. Il reste impassible (= sourire arrogant sur le bout de ses lèvres), mais, à l’intérieur, il est décontenancé. Déconcerté d’avoir eu tort. Déstabilisé de ne pas avoir su triompher de ses justes mots. Alors que l’homme masqué part, Renart se contente de lancer un regard méfiant et ô combien bestial dans le vide. Il est décontenancé. Dieu qu’il ne sait pas comment réagir !

«

Il ment ! Oui, il ment. J’ai eu raison. Je suis la vérité absolue, je suis le verbe le plus divin et le plus authentique ! Il essaie de me déconcerter avec sa fastidieuse tirade, mais il ne m’aura pas. Personne ne peut atteindre sir Renart Auguste, et encore moins démentir mes propos irréfutables ! Il est masqué parce qu’il a peur, rien d’autre ! Il cache ses larmes derrière cette muraille infranchissable, mais je suis certain d’avoir entendu moult jérémiades lorsque je l’assaillais de mes mots. Sullivan est effrayé. Il a peur de moi. Il est parti, … Il est parti parce qu’il était effarouché par ma prestance et par ma vérité.

Monsieur !
tonne-t-il en pointant un passant. Oui, vous, monsieur ! Contemplez ma stature et dites-moi ce que vous constatez ! Un renard franchement séduisant, n’est-ce pas ? Un renard bien confiant, un renard qu’on ne peut contredire ? Oui, vous avez totalement raison. Personne ne désavoue mes paroles. Même pas Dieu !



Allez, au trot ! Décampez, je n’ai plus besoin de vous.

Je n’ai besoin de personne.



Ai-je besoin de quelqu’un ? Non, bien sûr que non. Je divague !

Oh ! Et sa façon de partir. Qu’est-ce que j’abhorre cet homme. Que les cieux le maudissent; qu’ils engendrent intempéries et calomnies dans son existence ! Il m’abandonne en disant qu’il est impatient de me revoir. Quel… insolent ! Oui, il est insolent, hautain, prétentieux. Il fait mine d’être confiant, de savoir où il se dirige, mais il ne sait rien. Sullivan ! Sacré Sullivan ! Il monte sur ses grands chevaux, le pauvre, il chutera très bientôt, et la chute sera brutale ! Personne ne sera là pour lui tendre la main et il souffrira. J’anticipe déjà ce précieux instant avec une impatience marquée…

Et moi, si je tombais, tous seraient là pour m’aider ! Oh oui. Tous seraient là. Il y aurait… Rufus ! Oui, Rufus et tous les miliciens ! Et… tous ! Oui, ils seraient tous là, à espérer que je tombe pour me supporter ensuite. Il est seul, Sullivan, il est misérable et esseulé.



Sullivan ! Par la moustache de mon géniteur, ce Sullivan me dégoûte au plus haut point. Je souhaite sa mort. Un terroriste dans son vaisseau et… abracadabra ! Plus de Sullivan. Quel moment magique ce serait !

Et après tout, pourquoi m’en faire ? Je suis sir Renart Auguste.
»

Sur un soupir interminable, il quitte à son tour. Adieu, et cette fois-ci pour de bon !


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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Dim 24 Fév - 20:18

« Quel goguenard vous êtes, Votre Altesse ! » déclare-t-il entre deux quintes de rire.

Kefka ne bouge pas. En fait, il bouge encore moins que le trône sur lequel son royal postérieur est posé. Un sourire figé est dessiné sur ses lèvres, mais, pour tout dire, on ne pourrait dire s’il s’agit d’un sourire joyeux ou du rictus d’un clown qui est sur le point de dégainer un fusil d’assaut pour commettre un génocide. C’en est… effrayant.


« Vous… rigolez, n’est-ce pas ? »

On ressent presque qu’un soupçon de nervosité dans la voix tremblante de Renart. Presque ! Parce qu’on n’oublie pas que Renart n’a peur de rien et que même la mort est effarouchée par sa grandeur.

« Non ? » s’interroge-t-il en grattant le soyeux pelage de son crâne.

Aucune réponse, sinon qu’un silence de mort.


« Qu’on m’apporte des musiciens, alors ! »

Ce que je ne vous ai pas dit, c’est que l’incroyable Renart a plus d’un tour dans son sac : en plus d’être un orateur hors-pair, un renard d’affaires fort intelligent, un homme de main indispensable, un cuisinier aux talents inégalables, un valseur à ses temps perdus, un styliste de renommée, un tireur d’élite élitique et un berger remarquable (!!), il est aussi… chanteur. Non, en fait, c’est ce qu’il croit être. Il n’a pas de talent particulier, en fait, mais se la joue monsieur je-sais-tout en permanence.

Cependant – car il y a toujours un cependant quand on parle de lui –, Renart n’est pas né de la dernière couvée : il maîtrise l’art du parler et du faux-parler. Les rimes, la poésie et la chanson, c’est un peu ça : savoir enligner le pathos au bon moment, mettre l’accent sur certains mots plus significatifs et persuader les gens en leur inculquant de fausses émotions. Autrement dit, manipuler sournoisement et sadiquement Son Altesse ! Ce sera un jeu d’enfants, j’vous dis ! Il suffit d’une mélopée enivrante pour professionnaliser un peu la chose, et Renart devient un chanteur inégalable et inégalé. Faites-lui confiance.

Ainsi, quand il voit apparaître des mariachis sur le seuil de la cour, il se sent tout d’un coup soulagé. Un gorille avec un bongó, un crocodile avec une guitare et un renard flûtiste; quoi de plus normal !

Et, en contemplant les joyeux-lurons s’avancer vers lui, il prend alors conscience de tout le désespoir qui l’habite (ce n’est pas trop tôt que vous me direz !). Bon Dieu ! Il est sur le point de chanter la sérénade pour un clown détraqué/cinglé/fou/aliéné/insensé/dément qu’il connaît à peine seulement pour obtenir un peu plus de pouvoir et d’influence… Mouais. […] Avec du recul, c’la fait du sens. En tout cas, dans la mentalité limite malsaine de Renart, ça en fait.

Quelques secondes plus tard, la musique commence. La musique monte ! Elle s’infiltre dans les veines de Renart qui, épris par la symphonie, se transforme en ménestrel ! Il se met donc à chanter comme un barde… apprenti :


« Sa Majesté Kefka
Avait envie d’un peu de guerre !
Le sublime Renart lui dit : “Ô, mon Roi,
Votre Majesté a toutes les armées !”
“C’est vrai, lui dit le Roi,
Je déclare combat sur le champ !”

Sa Majesté Kefka
Convoitait un très bon repas !
Le sublime Renart lui dit : “Ô, mon Roi,
Votre Majesté est bien fortunée !”
“C’est vrai, lui dit le Roi,
Qu’on me prépare un grand festin !”

Sa Majesté Kefka
Voulait s’amuser tranquillement !
Le sublime Renart lui dit : “Ô, mon Roi,
Votre Majesté peut bien s’amuser !”
“C’est vrai, lui dit le Roi,
Je n’ai qu’à voler les plus pauvres !”

Sa Majesté Kefka
Désirait voir un peu de sang !
Le sublime Renart lui dit : “Ô, mon Roi,
Votre Majesté peut exécuter !”
“C’est vrai, lui dit le Roi,
Qu’on pende cet homme devant moi !”

Sa Majesté Kefka
Cherchait un habile ministre !
Le sublime Renart lui dit : “Ô, mon Roi,
Votre Majesté n’a qu’à me nommer.”
“C’est vrai, lui dit le Roi,
Tu es le nouveau conseiller !


La musique cesse à l’instant même où il termine le dernier vers (quelle classe !). Il s’agenouille devant Kefka – cette fois-ci, littéralement !! – et attend son verdict. Il est confiant. Renart est toujours confiant !
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MessageSujet: Re: Tout l'or qu'est Renart   Mar 26 Fév - 14:40

Pauvre Renart ! Il court, il détale et il fuit comme un homme fuit ses responsabilités ! En même temps, il faut dire que la fuite est l’unique solution dans de telles circonstances. Il pourrait très bien s’arrêter, dégainer son révolver et descendre quelques gardes, mais ce serait légèrement suicidaire. D’autant plus qu’ils sont une bonne dizaine à le suivre hasardeusement dans la forêt. D’autant plus qu’ils sont tous lourdement armés. D’autant plus que notre délicieux aristocrate n’a plus son révolver. Ouais… Optons pour la fuite. C’est plus prudent.

Cette scène qui se déroule devant vos yeux inquiets laisse croire que Renart est dans un sale pétrin et qu’il ne s’en sortira pas, n’est-ce pas ? Eh bien, non ! Renart s’en sort toujours. Renart est un peu le genre de quidam à chercher les problèmes et à toujours les esquiver avec une facilité déconcertante. D’autre part, il faut dire que c’est le personnage principal de notre fable rocambolesque et qu’il serait très déplorable de le voir périr dans d’atroces souffrances.

Soit. Comme si sa vie en dépendait – oui, sa vie en dépend ! –, il perpétue sa course effrénée à travers les arbres et finit par semer les misérables légionnaires. Il s’arrête quelques minutes plus tard, s’effondrant (avec classe, grâce et élégance) dans un buisson pour reprendre ses forces. Ouf ! Quelle journée épuisante…

Au cours de ce récit, nous avons donc appris que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute, sauf si celui qui l’écoute est encore plus fourbe. Renart aurait dû se douter de la sournoiserie de Kefka (qui, avec un peu de recul, est un véritable génie de la sournoiserie !)… À l’avenir, il saura se méfier.

Ouais… Cette leçon vaut bien un peu de sommeil, sans doute.
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